Les divergences sur la supervision bancaire prennent de l’ampleur en Allemagne

Les grandes banques d’un côté, le gouvernement et les petits établissements de l’autre, se déchirent sur l’union bancaire
Bruno Sillard

Faut-il superviser toutes les banques ou seulement ne garder dans le collimateur que les établissements les plus importants dans le cadre de l’union bancaire européenne ? Le débat prend de l’ampleur en Allemagne. Le coprésident du directoire de la Deutsche Bank, Jürgen Fitschen estime ainsi que confier à la Banque centrale européenne (BCE) la supervision des banques de la zone euro dans le cadre d’une future union bancaire ne pourrait être efficace que si elle s’applique à l’ensemble des banques, et pas seulement aux établissements les plus importants. Il rejoint en cela l’opinion de la Commission européenne mais illustre les divergences de vue qui ont commencé à poindre sur ce sujet en Allemagne, le gouvernement et les petites banques plaidant au contraire pour que la BCE n’ait qu’une autorité limitée.

Le président de la fédération des caisses d'épargne allemandes, Georg Fahrenschon, lui a immédiatement répliqué que la supervision de centaines voire de milliers de banques par une autorité de contrôle unique s’avérerait aussi coûteuse que contre-productive. Il a également estimé que la mise en place d’un superviseur unique était un pas supplémentaire en direction d’un mécanisme paneuropéen de garantie des dépôts, qui pénaliserait au bout du compte les grandes banques.

Déjà lundi, Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances allemand avait semé le doute sur le calendrier. Selon lui, l’Europe ne serait pas en mesure de mettre en place une instance unique de supervision des banques de la zone euro d’ici la fin de l’année. «La BCE a dit elle-même qu’elle ne disposait pas du potentiel pour superviser les 6.000 banques de l’Union européenne dans un avenir prévisible», a-t-il dit lors d’un entretien à une radio allemande.

«Avec les banques d’importance systémique (...) il y a des chances pour que l’on puisse mettre en place une supervision de la BCE dans un horizon de temps proche», a-t-il rajouté, précisant que tant qu’un tel mécanisme n'était pas créé, il était exclu que les banques puissent être directement recapitalisées par le Mécanisme européen de stabilité financière (MES), le fonds d’urgence de la zone euro.

La Commission européenne fera ses propositions en matière de supervision bancaire le 12 septembre, mais elle a déjà clairement fait savoir qu’elle voulait voir la BCE superviser au 1er janvier 2014 la totalité des 6.000 établissements bancaires que compte l’Union européenne.

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