« Les dimensions liées aux nouvelles technologies seront à prendre compte »
Jean-Marie Pivard, président de l’Institut français de l’audit et du contrôle internes (Ifaci)
Quels facteurs contribuent aujourd’hui à faire évoluer le métier du contrôle interne ?
L’augmentation de la réglementation – et les institutions financières sont particulièrement concernées (MIF 2, Sapin 2, RGPD, flax tax…) – est un élément majeur pour les contrôleurs internes car ces professionnels ont un rôle à jouer sur ces sujets importants. Par ailleurs, ce métier doit également contribuer à la performance de l’entreprise. Le défi est donc de ne pas se faire phagocyter par le sujet de la conformité au détriment de la création de valeur pour l’entreprise. Enfin, l’intelligence artificielle, la robotisation, le big data… sont de grands sujets de travail pour les contrôleurs internes et on voit déjà des applications concrètes se mettre en place dans la conformité bancaire et l’assurance.
De nouveaux métiers émergent-ils ?
Comme les outils technologiques deviennent de plus en plus sophistiqués, la fonction du contrôle interne va avoir besoin de professionnels capables d’utiliser mais aussi d’auditer ces instruments. Des personnes pouvant comprendre comment ils fonctionnent, ce qu’ils intègrent comme données. Donc les dimensions liées aux nouvelles technologies et informatiques seront à prendre en compte dans les compétences à développer au sein de cette fonction.
Faudra-t-il imaginer de nouvelles formations ?
Aujourd’hui, les contrôleurs internes sont issus d’écoles de commerce/d’ingénieurs et d’universités et commencent souvent leur carrière en rejoignant des cabinets d’audit externe. Le secteur académique doit anticiper les évolutions du métier. Nous avons justement renforcé au sein de l’Ifaci le comité en charge des relations avec le monde académique, nous tenons à promouvoir cette profession. En tout cas, elle attire. Notre nombre d’adhérents (5.200 actuellement) a doublé en dix ans !
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