Les déboires de CAM font planer un risque sur la recapitalisation des Cajas

Sous la tutelle du Fonds public, la banque a perdu 70 % de sa valeur. Les recapitalisations des autres cajas s’annoncent compliquées
Isabelle Birambaux, à Madrid

Placée sous la tutelle du Fonds public de restructuration du système financier (Frob) le 22 juillet après une injection de 2,8 milliards d’euros, Caja Mediterráneo (CAM) s’est écroulée en Bourse la semaine dernière. En deux jours, la banque, longtemps considérée comme la quatrième plus grande caisse d’épargne espagnole, et première à s’être introduite en Bourse, a perdu 70% de sa valeur.

A l’origine de l’effondrement : la décision du Frob d’annuler les accords auxquels s’était engagé le conseil d’administration de la CAM avant la nationalisation de la banque. Ils prévoyaient de racheter sur le marché des titres participatifs au prix de 4,77 euros, soit à un «prix bien supérieur à son niveau de cotation en Bourse (3,4 euros avant l’effondrement)», explique la Banque d’Espagne. Celle-ci rappelle que «la mission du Frob est de restructurer l’entité pour pouvoir l’offrir sur le marché à un prix compétitif dans l’espoir de trouver un potentiel acheteur».

Mais Francisco J. Lopez Lubian, professeur de finances à l’IE Business School, ne comprend pas pourquoi «une caisse qui n’a jamais officiellement enregistré de pertes, peut soudainement avoir besoin d’une injection publique d’argent, car on se rend compte qu’elle n’a pas de capital». De quoi, selon lui, mettre en doute la transparence des informations données par la banque avant sa recapitalisation.

Les déboires de la CAM pourraient-ils affecter le processus de recapitalisation négocié par d’autres caisses d'épargne plus faibles avec des investisseurs privés? La Banque d’Espagne assure que non. Pourtant, les turbulences boursières de cet été pourraient ralentir la recherche de capital des six caisses d’épargne obligées d’augmenter leurs fonds propres. La semaine prochaine, la banque d’Espagne devra examiner au cas par cas comment ces caisses souhaitent se renflouer en vertu de la nouvelle législation qui prévoit un niveau de fonds propres d’au moins 8% et de 10% pour les entités non cotées.

Le gouvernement souhaite finaliser le processus de restructuration du secteur avant le 30 septembre. La banque d’Espagne estime que le groupe BMN et Liberbank pourraient demander un délai supplémentaire pour lever des fonds. Alors que BMN cherche à rentrer en bourse, Liberbank négocie actuellement une fusion.

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