Les compagnies d’assurances s’attendent à un « big bang » comptable
IFRS 4 phase 2 : «Big Bang» pour les assureurs? C’est ce que met en exergue une étude réalisée par le cabinet d’audit KPMG qui a interrogé des directeurs financiers et hauts responsables de directions financières de 19 groupes d’assurance situés dans onze pays. Présentée hier, cette étude a pour objectif d’identifier et d'évaluer les impacts de la convergence entre les normes comptables IFRS avec les normes américaines US GAAP (IFRS 4 phase 2) sur l’activité des assureurs. Or, ces derniers s’attendent «à un effet de la réforme comparable à celui du passage aux normes IFRS», selon Francine Morelli, associée chez KPMG et responsable du secteur Assurance. 90% de leur bilan devrait être bouleversé. Les normes devraient être édictées au quatrième trimestre, avant une entrée en vigueur début 2015, qui coïncide opportunément avec celle de Solvabilité 2 selon le calendrier officiel.
Compte tenu des principes proposés dans l’exposé-sondage sur les contrats d’assurance publié par le FASB en septembre 2010 concernant le taux d’actualisation, les assureurs anticipent une volatilité plus importante des résultats. Celle-ci devrait les contraindre à mettre en place de nouvelles couvertures ou une extension des couvertures existantes afin d’en réduire l’effet. Et de percevoir un désavantage concurrentiel par rapport aux banques pour l’accès au capital ainsi que pour les groupes distribuant leurs produits à travers un réseau salarié. L’étude met également en lumière les nombreux problèmes d’interprétation des critères définis auxquels devront faire face les assureurs.
Globalement, plus de 50% des compagnies interrogées estiment que cette reforme va modifier les contrats d’assurance avec également une modification des modalités de tarification qui pourra, par exemple, prendre la forme d’un lissage dans le temps.
Les systèmes d’information seront les premiers touchés par cette réforme. L’étude traduit «un impact très significatif sur les systèmes et outils de modélisation», avec la mise en place de nouveaux outils, l’extension et l’amélioration de la qualité des données, ainsi que la bonne maîtrise des capacités de calculs. Si les fonctions support devraient être les plus impactées, des modifications sont également attendues sur des processus métiers majeurs tels que la conception de produits, la souscription, la tarification et la gestion d’actifs.
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