Les captives de financement demeurent vitales pour les constructeurs automobiles
Les captives de financement des constructeurs automobiles français vont encore faire l’actualité cette semaine. Alors que PSA Peugeot-Citroën présente ses résultats semestriels le 31 juillet, la Commission européenne va, selon toute vraisemblance, donner d’ici à demain son accord définitif à la garantie d’Etat de 7 milliards d’euros que la France a donnée l’an dernier à la filiale bancaire du groupe jusqu’en 2015.
Un feu vert attendu alors que le Wall Street Journal a fait état la semaine dernière de discussions avec Santander pour ouvrir le capital de Banque PSA Finance et permettre à celle-ci de se passer, à terme, de la garantie publique.
La structure évoquée – un apport d’actifs qui permettrait au constructeur de garder 50% du capital de sa banque, notée en «junk», mais en laissant la totalité du refinancement aux soins du géant espagnol – témoigne une fois encore de l’importance pour les constructeurs de leurs captives. Celles-ci sont à la fois nécessaires au financement de l’activité et des réseaux de concessionnaires, et gros contributeurs aux résultats.
RCI Banque, la filiale de Renault, en a fourni la preuve le 26 juillet, date des résultats semestriels de la marque au losange. Malgré un recul annuel de 5,7% à fin juin, la captive de financement a engrangé 372 millions d’euros de marge opérationnelle. Soit près des deux tiers (63%) de celle du groupe, qui a atteint 589 millions sur les six premiers mois de 2013.
Un apport d’autant plus appréciable que Renault a comptabilisé sur le semestre des provisions de 512 millions d’euros pour couvrir la totalité de son exposition en Iran, des pertes de valeur de 227 millions sur certains programmes, et 173 millions de charges de restructuration liées notamment à l’accord de compétitivité signé en France. RCI Banque a accordé sur la période un volume de nouveaux financements de 5,5 milliards.
De son côté, Banque PSA a dégagé 391 millions d’euros de résultat opérationnel courant en 2012, exercice qui a vu l’Ebit du constructeur plonger dans le rouge. La captive «a représenté en moyenne 50% de l’Ebit du groupe entre 2004 et 2012, résultat d’une faible contribution de la division auto au fil du temps», rappellent les analystes de Kepler Cheuvreux. La filiale bancaire devrait encore démontrer mercredi qu’elle est indispensable alors que le consensus s’attend à une perte opérationnelle pour le groupe PSA dans son ensemble.
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