Les « cajas » ont 100 milliards d’exposition à problème sur l’immobilier
Le gouverneur de la Banque d’Espagne (BDE) a défendu hier l’adoption du décret augmentant les exigences de capital pour les banques et caisses d'épargne espagnoles, une mesure «indispensable», selon lui. Lors d’une présentation aux airs de cours magistral, Miguel Angel Fernandez-Ordonez a cherché à «dissiper les doutes planant sur le secteur bancaire espagnol».
Le gouverneur a chiffré à 100 milliards d’euros l’exposition des seules caisses aux actifs immobiliers «potentiellement problématiques», couverte à hauteur de 38% par les provisions spécifiques et génériques. «Les contribuables n’ont pas eu à débourser un centime» pour financer l’assainissement du secteur bancaire qui porte pourtant sur «des sommes considérables», s’est-il réjoui.
Depuis janvier 2008, les banques et caisses ont ainsi assumé des pertes sur la valeur de leurs actifs pour un montant équivalent à près de 9% du PIB (52 milliards pour les caisses et 39 milliards pour les banques), explique la BDE, pertes qui «sont couvertes à 100% par les provisions.»
La Banque d’Espagne détaillera le 10 mars prochain la quantité de fonds nécessaire à chaque établissement pour atteindre entre 8% et 10% de fonds propres durs. Elle assure que la recapitalisation du secteur ne dépassera pas 20 milliards d’euros. Les caisses d'épargne ne trouvant pas d’investisseurs privés devront faire appel au fonds public d’aide à la restructuration du secteur (Frob), qui peut s’endetter jusqu'à 90 milliards d’euros et a déjà déboursé 12 milliards. A ceux qui s’inquiètent de la capacité de financement du Frob sur des marchés hostiles, son président et numéro deux de la BDE, Javier Artizegui, a répondu hier qu’il disposait d'«une position très confortable de liquidités et de financement (4,5 milliards + 3 milliards en ligne de crédit)».
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