Les Britanniques seront bientôt libres de choisir leur assurance emprunteur

La Commission de la concurrence va interdire la vente simultanée du crédit et de l’assurance afin de mieux protéger les consommateurs
Violaine Le Gall

Après la France, où, depuis septembre dernier, les emprunteurs sont libres de choisir leur assurance emprunteur pour leurs prêts immobiliers, le Royaume-Uni va prendre des mesures afin d’empêcher les ventes liées d’assurances aux particuliers. La Commission de la concurrence britannique a annoncé hier son intention d’interdire aux banques de vendre une assurance emprunteur à leurs clients au moment où elles leur octroient un prêt. Pour l’heure, la plupart des produits d’assurance emprunteur sont souscrits auprès des banques au moment de l’obtention des prêts, souligne l’institution. L’interdiction de ventes liées concernera 90% des contrats d’assurance emprunteur au Royaume-Uni, c’est-à-dire ceux portant sur les prêts personnels non garantis, les prêts hypothécaires, les prêts garantis et les cartes de crédit.

«Les fournisseurs d’assurance emprunteur pourront à l’avenir bénéficier d’une concurrence réelle, alors qu’elle est actuellement faible, explique Peter Davis, président adjoint de la Commission. Par conséquent, le prix de ces assurances baissera significativement».

D’autres mesures, préparées par l’organisation, avantageront les clients. Ainsi, les banques ne pourront plus vendre des polices à prime unique, ces produits pour lesquels le client paie une somme forfaitaire qui s’ajoute au coût total du crédit. Les banques devront aussi fournir davantage d’informations à leurs clients afin que ces derniers puissent mieux comparer les tarifs entre les établissements.

La Commission de la concurrence a décidé de s’attaquer au fonctionnement du marché de l’assurance emprunteur il y a plus d’un an. Mais, en octobre 2009, un groupe de banques, mené par Barclays, Lloyds Banking Group et Shop Direct Group Financial Services, avait fait appel de ces mesures et obtenu gain de cause. La juridiction avait en effet jugé que la Commission de la concurrence n’avait pas suffisamment pris en compte les éventuels inconvénients pour les clients de l’interdiction des ventes simultanées. Mais dans son nouveau rapport publié hier, la Commission estime que les avantages de sa réforme pour les clients l’emportent sur les inconvénients. Certes, certains consommateurs trouveront gênant de ne pas pouvoir acheter leur assurance en même temps que leur crédit, admet la Commission, mais, ajoute-t-elle, dans l’ensemble les clients en tireront profit.

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