Les banquiers voient des parallèles avec la crise de l’automne 2008

Josef Ackermann, le patron de Deutsche Bank, est pessimiste pour le secteur mais l’estime mieux armé qu’il y a trois ans
Lothar Gries, à Francfort

Josef Ackermann a soufflé le chaud et le froid hier, lors de son traditionnel discours de rentrée, à l’occasion d’une conférence bancaire organisée par le quotidien Handelsblatt. «Au vu de la chute des titres bancaires au cours des dernières semaines et le haut degré de volatilité, touchant même le prix de l’or, je ne peux m’empêcher d’y voir des parallèles avec l’automne 2008», a-t-il affirmé. Mais à la différence d’il y a trois ans le patron de Deutsche Bank estime le secteur bancaire mieux préparé à une nouvelle crise parce qu’il est davantage capitalisé.

A cela s’ajoute, pour Deutsche Bank, la réduction de ses engagements dans la dette souveraine. Le groupe ne détient plus que 3 milliards d’euros d’obligations des Etats périphériques. Le dirigeant a donc rejeté les revendications de Christine Lagarde en faveur d’une recapitalisation des banques européennes. «La demande du FMI est injustifiée et ne nous aide nullement» a-t-il estimé. Un avis partagé par la Bundesbank dont l’un des directeurs a déclaré hier que les évaluations du FMI sont «prématurées et extrêmement malheureuses». Pour sa part, à Paris, Michel Pébereau, le président de BNP Paribas, a jugé «qu’il n’est pas si évident qu’aujourd’hui le système bancaire européen dans son ensemble ait besoin d'être recapitalisé, certaines banques sans doute».

Josef Ackermann a toutefois présenté comme «un secret de polichinelle qu’une éventuelle perte complète des obligations d’Etat entraînerait l’effondrement de nombreuses banques en Europe». Pour Urs Rohner, le président du conseil de Credit Suisse, s’exprimant à la même conférence, les bouleversements qui affectent en ce moment le monde bancaire ne sont que le début de «mouvements tectoniques à venir».

Face à la chute des activités de sa BFI Deutsche Bank n’exclut plus un plan de réduction des dépenses. «Pour l’instant il n’y a pas de raisons d’annoncer des mesures concrètes, mais si le recul des activités se poursuit, nous serons dans l’obligation de réfléchir à des restructurations» a déclaré son patron. La semaine dernière des rumeurs faisaient état d’un plan de réduction chez Deutsche Bank de 2 milliards d’euros par an à partir de 2012. Le dirigeant a enfin jugé infondées les plaintes formulées contre son établissement par l’Agence américaine de financement du logement (FHFA).

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