Les banques reviennent en masse sur le marché primaire de la dette senior
Les banques se sont ruées sur le marché primaire la semaine dernière. Elles ont émis pour 11,35 milliards d’euros de dette senior. Il s’agit de la deuxième semaine la plus active depuis le début de l’année, après la deuxième semaine de janvier. L’environnement de marché leur était favorable. De fait, l’incertitude qui pesait sur le sort des créanciers seniors des banques irlandaises a été levée, le gouvernement ayant écarté la possibilité de les mettre à contribution. Et les indices de crédit sur les financières se sont nettement détendus ces dernières semaines.
«L’amélioration de l’environnement a permis à des banques qui n’avaient pas pu venir sur le marché de la dette senior depuis longtemps d’émettre ce type d’obligations. Les établissements de petite taille en particulier ont profité de l’occasion», analyse Sébastien Domanico, responsable des marchés de dette pour les institutions financières chez Société Générale CIB. Ainsi, Banco Popular et des établissements secondaires italiens (voir tableau ci-dessous) sont venus sur le marché.
Les émetteurs ont aussi pu se positionner sur des maturités plus longues. Depuis le début de l’année, la moitié de la dette senior émise affichait une maturité de 1,5 à 3 ans, d’après Crédit Agricole CIB. Mais la semaine dernière, BBVA, Erste Bank et ABN Amro font partie des groupes ayant émis de la dette senior à 5 ans. Le Crédit Agricole a même émis un milliard d’euros de dette senior à 12 ans.
Côté investisseurs, les émissions ont été bien accueillies. Ils cherchent à se diversifier après avoir massivement investi dans les covered bonds, des titres plus sécurisés mais qui offrent un rendement inférieur. Par conséquent, le marché de la dette senior a, sur la semaine écoulée, devancé celui des obligations sécurisées, très actif depuis le début de l’année car moins dépendant des conditions de marché. Déjà 73,5 milliards d’euros de dette senior financière ont été émis depuis début janvier, contre 153,7 milliards sur l’ensemble de l’année 2010. Les émissions de covered bonds dépassent 100 milliards d’euros sur 2011 contre 71 milliards au premier trimestre 2010.
Le retour en force des financières sur le segment de la dette senior s’explique enfin par des effets de calendrier. Les émetteurs se pressent avant les deux semaines qui seront raccourcies par le week-end pascal. Ensuite, les opérations devraient reprendre.
{"title":"","image":"76960»,"legend":"emissions credit»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
KNDS reporte son introduction en Bourse
Le fabricant d’armes franco-allemand met en pause son projet de cotation à Paris et Francfort en raison des conditions de marché. -
Les banquiers centraux ne veulent plus donner d’indications prospectives
Le principal panel du Forum de Sintra 2026 a tout de même été l’occasion pour Christine Lagarde (BCE) comme pour Kevin Warsh (Fed) de reconnaître un recul des anticipations d’inflation depuis leurs dernières réunions monétaires. Sans pour autant faire bouger les anticipations de hausses de taux. -
Un consortium comprenant BlackRock, Visa et Mastercard lance un nouveau stablecoin
Plus de 140 sociétés se sont réunies au sein d'Open Standard, un groupe avec une gouvernance collaborative ayant pour objectif de distribuer un stablecoin en dollar.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises -
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause. -
Vérité d'un côté du Rhin ne l’est pas au-delà
Retraites : le grand fossé franco-allemand
Le chancelier allemand Friedrich Merz dit vouloir appliquer l'intégralité des recommandations de la commission d'experts qu'il a mandatée. Une réforme ambitieuse qui contraste avec le blocage français