Les banques régionales américaines sont engagées dans un vaste mouvement de concentration
Kelly King, le directeur général de la banque régionale américaine BB&T, a promis de faire une pause. En moins d’un an, l’établissement originaire de Caroline du Nord a grandement contribué à la concentration du secteur, en signant trois acquisitions, dont celle de National Penn Banchares en début de semaine pour 1,8 milliard de dollars. Au total, la banque dirigée par Kelly King a mobilisé près de 5 milliards de dollars en un an pour renforcer son maillage dans l’Est des Etats-Unis.
Ce mouvement n’est pas isolé. Depuis le début de l’année, les banques américaines se sont lancées dans une concentration effrénée, avec plus de 24 milliards de dollars dépensés en M&A selon Dealogic, 68% de plus qu’en 2014. Le directeur général de BB&T a reconnu que cette course à la taille était une façon de répondre à la faible croissance des revenus du fait de taux d’intérêt au plancher depuis des années. BB&T estime que le rachat de National Penn lui permettra d’économiser 65 millions de dollars chaque année.
La régulation bancaire imposée par la loi Dodd-Frank prise après la crise financière de 2008 n’est pas étrangère non plus à ce mouvement de concentration. Avec 9,6 milliards de dollars d’actifs, National Penn se situait juste en dessous de la barre des 10 milliards au-delà de laquelle une banque doit se plier à l’exercice des stress tests annuels, avec les contraintes que cela suppose. Le seuil de 50 milliards de dollars d’actifs, à partir duquel une banque devient systémique, constitue également un moteur de concentration. En 2014, CIT avait motivé le rapprochement avec OneWest Bank afin d’atteindre des revenus et des actifs suffisamment élevés au-dessus de la barre de 50 milliards de dollars pour amortir plus facilement les charges de conformité.
Selon les analystes de CreditSights, les opérations menées par BB&T montrent que «les régulateurs sont prêts à autoriser des banques non-GSIB (globally systemically important banks) à grossir par acquisition si le système de la banque acheteuse est correctement préparé». Un facteur pourrait toutefois freiner la concentration: le prix. Le dernier rachat de BB&T s’est fait sur la base de 2,2 fois la valeur des fonds propres retraités.
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