Les banques redéploient leurs réseaux dans les pays émergents
Malgré un potentiel indéniable, les réseaux bancaires des pays émergents ne sont pas immunisés contre le ralentissement économique. Leur croissance subit un sérieux coup de frein.
«On note de véritables corrections dans la moyenne et le rythme de croissance du nombre d’agences», indique Jean-Marc Velasque, associé du cabinet Nouvelles Donnes, qui publie une étude sur les marchés émergents, portant sur 845 banques. Si 49% des banques du panel ont continué à faire croître leur parc d’agences en 2012, elles étaient 66% en 2008. A l’inverse, 19% des banques ont enregistré des fermetures en 2012, contre 9% en 2007. L’augmentation du nombre d’agences n’est que de 8,2% contre 24% cinq ans plus tôt.
Le ralentissement économique pèse sur la bancarisation des populations. «Jusqu’en 2008, le ratio actifs/PIB progressait de 10% à 20% par an; en 2012 aucune des grandes zones émergentes n’a progressé de plus de 3%», indique l’étude. Ce contexte fait grimper le coût du risque. Du coup, le rendement des actifs atteint en moyenne un faible 1,3% – un recul de 10 points par rapport à 2011. C’est notable en Europe de l’Est, où la bancarisation a davantage progressé que l’économie. La zone domine depuis deux ans le panorama des fermetures d’agences. En 2012, la Russie, l’Ukraine et la Roumanie sont les plus affectées.
Les groupes des pays émergents adoptent des stratégies d’optimisation. Ainsi, les banques chinoises déploient leurs agences dans les zones de croissance au détriment de l’intérieur du pays. Sberbank, avec ses 20.000 agences, en ferme entre 200 et 500 par an.
Parallèlement, ces banques conservent une stratégie offensive. Immense pays sous-bancarisé, l’Inde truste les premières places en termes d’ouvertures depuis 2008, tandis que la Chine s’est hissée de la quatorzième à la deuxième place entre 2008 et 2012. Les banques marocaines (comme Attijariwafa et BCP) illustrent une volonté de croissance en Afrique sub-saharienne.
A l’inverse, les banques françaises, à travers la restructuration de leurs filiales russe, roumaine (pour la Société Générale), ukrainienne (pour BNP Paribas), et leur redéploiement en Afrique, contribuent à la fermeture d’agences. En Afrique francophone, la part de BNP Paribas et de SG dans le parc est passé de 21,2% à 16,7% entre 2007 et 2012. «Les acteurs français privilégient la banque de gros. Or, aucun réseau ne peut durer avec moins de 5% du parc d’un pays», rappelle Jean-Marc Velasque.
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