Les banques prêtes à négocier les commissions sur cartes bancaires
Les banques ont saisi le message envoyé par l’Autorité de la concurrence, lorsque celle-ci avait condamné onze d’entre elles à payer 385 millions d’euros, fin septembre, en raison de la mise en place d’une commission interbancaire sur les chèques. Elles ont cette fois demandé l’arbitrage de l’antitrust dans le conflit qui les oppose aux entreprises de distribution à propos des commissions sur cartes bancaires.
A la suite d’un article paru dans Les Echos, l’Autorité de la concurrence a confirmé à L’Agefi avoir accepté, à la demande des banques, «d’explorer la voie de la procédure d’engagement». En clair, la voie contentieuse, ouverte en février 2009 après une plainte de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FECD), a été suspendue.
Les protagonistes ont confirmé s’être entretenus séparément avec Bruno Lasserre, président de l’autorité, en décembre. Dans les jours qui viennent, les banques recevront une «évaluation préliminaire de préoccupations de concurrence», qui précisera les craintes et les griefs de l’autorité.
Ceux-ci concerneront le montant des commissions, ainsi que ses mécanismes de révision permettant leur renégociation. Les banques auront ensuite un mois pour formuler leurs concessions. Des examens contradictoires, ainsi qu’un «test de marché» seront organisés. Le collège rendra sa décision, théoriquement en mai ou juin. Cela dit, l’antitrust insiste sur le fait qu’elle peut à tout moment revenir au contentieux. Un point important pour la FECD, qui remet en cause le principe même de commission.
Pour les banques, les commissions ne sont pas indues. «Elles correspondent à de vrais coûts (technologiques, de garantie), et services (location, assistance…)», explique le responsable monétique d’une banque, qui précise que la commission payée par les commerçants intègre une partie interbancaire dont la formule a été validée il y a plus de vingt ans.
Les banques ne se sentent pas en position de force, d’autant que le climat leur est défavorable. Le député UMP Richard Mallié s’est vu confier par Bercy une commission d’enquête sur le sujet, alors que l’élu avait tenté de faire passer un amendement au projet de loi de Finances 2011 encadrant fortement les commissions, que le gouvernement avait édulcoré par deux sous-amendements. Si l’ensemble a été retoqué en décembre par le Conseil constitutionnel, les banques savent que «le sujet reviendra d’une manière ou d’une autre».
Plus d'articles du même thème
-
Les taux élevés menacent les actions
La fièvre récente sur les emprunts d'Etat est de nature à rebattre les cartes des allocations. Les marchés taux et des actions offrent des perspectives différentes, mais la hausse des rendements obligataires rend les places boursières, bien valorisées et stimulées par l'IA, plus vulnérables. -
La Société Générale écope d’une amende de 20 millions d'euros pour défaut de conseil en assurance et vente systématique
La banque rouge et noire se fait taper sur les doigts par l’Autorité de contrôle pour avoir systématiquement inclus «Mon assurance au quotidien», un contrat collectif dommages, dans son offre groupée de services bancaires, Sobrio. -
Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
Jean-Jacques Barbéris aura passé presque 10 ans au sein d'Amundi où il a entre autres dirigé le pôle dédié aux clients institutionnels et entreprises et supervisé les sujets liés à la gestion extra-financière (ESG) au niveau groupe.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Allianz déçoit les attentes en vie-santé
- La crise politique continue de secouer la livre sterling et les taux britanniques
- La Chine et les Etats-Unis mesurent leurs forces
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF Bananes flambéesA la Maison Saint-Martin, Jadot, Vallaud et Glucksmann savourent la fin de la primaire
Depuis la première édition de ces dîners en comité restreint, révélé par l’Opinion en février dernier, les rencontres se multiplient pour faire émerger un candidat commun hors LFI, sans passer par la case primaire de gauche -
Polémique anti-Bolloré : à quel point le cinéma français dépend-il de Canal + ?
A la suite d'une tribune anti-Bolloré, Maxime Saada menace de cesser toute collaboration avec les 600 professionnels du cinéma qui l'ont signée. Une déclaration qui interroge : l'industrie pourrait-elle se passer de Canal + ? -
FractureRoyaume-Uni : le travailliste Andy Burnham face aux démons du Brexit
Alors que les travaillistes esquissent un rapprochement avec l’UE, Andy Burnham est en campagne dans un territoire qui a largement voté pour le Brexit. Cette élection partielle illustre la nouvelle fracture de la politique britannique