Les Banques Populaires paient leur gestion actif-passif antérieure à BPCE
Au premier trimestre, un seul réseau bancaire a accusé une baisse de ses revenus en France: les Banques Populaires. Leur produit net bancaire a diminué de 1,9% sur un an (1,6% hors provisions pour épargne logement). Mais plus que des mauvaises performances commerciales, la banque paie aujourd’hui la politique de gestion actif-passif que certaines de ses entités régionales ont menée il y a quelques années.
Une poignée de banques régionales –on parle de trois ou quatre cas– ont en effet souscrit, avant 2009, des produits structurés de taux pour limiter le coût de leur ressource, comme l’ont fait aussi certaines collectivités locales. A base de swaps, parfois indexés sur la variation d’autres sous-jacents comme des paires de devises, ces instruments ont connu une évolution défavorable, et cassé certaines barrières. Leur mise à la valeur de marché s’est traduite, au premier trimestre, par un écart négatif de 28 millions d’euros par rapport à la fin mars 2010.
En valeur absolue, c’est peu. Rapporté au produit net bancaire de 1.573 millions d’euros que les Banques Populaires ont engrangé de janvier à mars, la différence représente près de 2 points de PNB. Assez pour manger la croissance des revenus, sur un marché de détail français où les banques annoncent en général des progressions annuelles de PNB de 2% à 4%. Sans cet impact, et en neutralisant l’effet des provisions pour épargne logement, le PNB aurait progressé de 0,2%. Ce qui reste inférieur à la performance des concurrents, dont l’Ecureuil (+3,8%).
Le groupe BPCE, qui rassemble les Caisses d’Epargne et les Banques Populaires, espère que la volatilité des revenus liés à ces produits s’atténuera rapidement dans les trimestres à venir. Il peut essayer de les couvrir, ou de dénouer par anticipation des contrats dont la plupart ont été vendus, ironie du sort, par la banque d’investissement maison, Natixis.
Depuis la création de BPCE, en 2009, la souscription de tels produits ne serait plus possible. Les Banques Populaires et Caisses d’Epargne régionales, qui sont des banques de plein exercice, restent certes maîtresses de leur gestion actif-passif. Mais elles doivent respecter des limites de risques –taux, liquidité, recours au financement au jour le jour– qui sont contractualisées avec l’organe central BPCE. Et ce dernier leur diffuse une liste de produits à éviter.
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