Les banques membres du projet Monnet lancent un ultime appel à Bruxelles
L’impatience gagne les porteurs du projet Monnet. Trois mois après l'étude des conclusions d’une étude de faisabilité, l’idée d’une carte de paiement européenne continue de buter sur le modèle économique du système. La Commission européenne laisse en effet planer l’incertitude sur le recours aux commissions multilatérales d’interchange, versées par la banque du commerçant à la banque du client. Pour le président de Monnet, Georges Pauget, le modèle quadripartite, associant le titulaire de la carte, le commerçant, l’émetteur et l’acquéreur (banque du commerçant), se révèle beaucoup plus transparent que le modèle tripartite, retenu par exemple par American Express, qui fonctionne en circuit fermé et ne retient pas de frais d’interchange.
Pour tenter de débloquer le dossier, les 24 banques de sept pays européens associées au projet Monnet ont lancé hier un ultime appel. Dans le cadre d’un forum à Bruxelles sur «le rôle et la régulation des commissions d’interchange dans les cartes de paiement européennes», elles ont demandé aux services européens de faire preuve d’une plus grande transparence. Des études sur le coût du cash ont ainsi été engagées mais les résultats ne sont pas connus. De même, le modèle de fixation du prix reste entouré de mystère.
Or, selon Georges Pauget, interrogé par L’Agefi, «les banques ne peuvent pas décider d’investissements s’il subsiste une incertitude». Des investissements encore non chiffrés publiquement à ce jour mais qui se traduiraient en centaines de millions d’euros pour un projet jugé «stratégique» dans le cadre du Sepa (Single Euro Payments Area - Espace unique de paiement en euros). Cette carte de paiement homogène dans les pays européens, concurrente des réseaux Visa et MasterCard, offrirait par ailleurs des services complémentaires tels que la possibilité de consulter son solde de compte courant sur les distributeurs automatiques ou des options d'épargne.
Cette offre de discussion n’est toutefois pas éternelle. «Il faut qu’on entre dans une phase conclusive. Si la Commission européenne venait à afficher une position très rigide, on arrêterait le projet», prévient l’ancien directeur général du Crédit Agricole. La balle est désormais dans le camp bruxellois.
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