Les banques italiennes et espagnoles font les frais du risque souverain
Les agences de notation S&P et Fitch ont toutes deux abaissé les notes de plusieurs banques espagnoles mardi soir, dont les deux principales, Santander et BBVA. S&P, qui a déclassé dix banques après avoir revu en hausse son évaluation du risque pour le secteur bancaire du pays, justifie son action du fait de l’affaiblissement des perspectives de croissance à court terme, de la situation difficile du marché immobilier et de l’accroissement des turbulences de marchés qui vont peser sur leurs revenus et sur la qualité de leurs actifs.
De son côté, Fitch, qui a sanctionné six établissements, souligne que sa sanction est la conséquence immédiate de son abaissement de la note souveraine espagnole la semaine dernière. Santander voit ainsi sa note ramenée de AA à AA- par les deux agences tandis que celle de BBVA passe de AA à AA- chez S&P et de AA- à A+ chez Fitch. Les perspectives de toutes les banques visées sont négatives pour chaque agence. La note de Banco Popular, passée de A- à BBB+, est placée sous surveillance négative en raison de l’annonce du rachat de Banco Pastor.
«Les banques ont accumulé des niveaux élevés d’actifs problématiques et ont épuisé la plupart des coussins de sécurité financiers qu’elles avaient constitués précédemment», note S&P. «La correction des déséquilibres en Espagne va continuer à affecter négativement le profil financier des banques espagnoles pendant les 15 à 18 prochains mois.»
Les deux agences pointent également les difficultés croissantes des banques pour se financer, liées à la perte de confiance des investisseurs. «La détérioration des conditions de financement pour l’Etat espagnol en conséquence de la crise de la dette en zone euro a également affecté les coûts et l’accès au financement pour toutes les banques espagnoles», souligne Fitch.
Fitch a par ailleurs abaissé les notes de trois grandes banques italiennes, également en raison du déclassement de la note souveraine. Intesa Sanpaolo (de AA- à A), UBI Banca (de A à A-) et Banca Monte dei Paschi di Siena (de A- à BBB+) gardent une perspective négative, tout comme Banco Popolare. Inchangée, la note d’UniCredit se voit placée sous surveillance négative. «La modeste profitabilité des banques italiennes est l’une de leurs principales faiblesses et l’aggravation de l’environnement opérationnel signifie qu’une amélioration matérielle de la performance opérationnelle est peu probable à moyen terme», explique l’agence.
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