Les banques irlandaises sujettes à une seconde vague de recapitalisation
Sur les 85 milliards d’aide à l’Irlande, un montant de 35 milliards porte sur la restructuration des banques irlandaises, sous la supervision de la banque centrale locale. Celle-ci exige un renforcement de l’exigence minimum en capital pour Allied Irish Bank (AIB), Bank of Ireland (BoI), EBS et Irish Life & Permanent (ILP), le ratio «core tier one» passant de 8% à 10,5%. Les trois premiers établissements devront relever ce ratio à au moins 12% d’ici au 28 février 2011, contre une date butoir pour Irish Life fixée au 31 mai 2011.
Alors que Dublin a déjà recapitalisé les banques à hauteur de 51,6 milliards d’euros, l’aide permettra 8 milliards d’injections supplémentaires. AIB devra ainsi lever 5,2 milliards d’euros de plus, soit 9,7 milliards de core tier one au total, si l’on compte le capital déjà exigé par la Banque centrale dans le cadre de sa première évaluation de capital prudentiel. Son ratio de core tier one s’établirait ainsi à 14%. EBS et ILS, qui voient passer leurs besoins en capital à 963 et 243 millions avec un objectif de ratio de 13,5% et 12,7%, bénéficieront d’injections additionnelles de 438 et 98 millions d’euros. Pour BoI, le capital nécessaire reste à 2,2 milliards pour un ratio de 12,5%.
Le plan d’aide prévoit aussi la mise en place de mesure de réduction des effets de levier, ce qui permettra de porter de 8 à 10 milliards le renforcement supplémentaire en capital. Et en cas de besoin, les banques pourront puiser dans un fonds de soutien de 25 milliards.
A la suite d’une évaluation prudentielle en conformité avec Bâle III, la banque centrale fixera des objectifs de liquidité et exigera des banques la mise en place, d’ici à fin avril 2011, de plan de cession d’actifs non-cœur de métier ou de titrisations d’actifs. Anglo Irish et Irish Nationwide Building Society, qui ont été déjà recapitalisées à hauteur de 39,9 milliards, devraient, selon UniCredit, «très probablement disparaître».
Reste à savoir si l’aide internationale sera suffisante pour rétablir la confiance des marchés ou réduire la dépendance des banques irlandaises à la liquidité de la BCE. D’après RBS, il n’est pas encore clair si les montants de recapitalisation seront suffisants pour débloquer l’accès au financement de gros à court terme. Des zones d’ombres subsistent selon le courtier KBW, comme le prix auquel le capital sera injecté, et donc la dilution des actionnaires privés.
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