Les banques irlandaises se préparent à une vaste cure d’austérité

Les prêteurs locaux, qui doivent procéder à des augmentations de capital, devraient être appelés à se séparer de certains actifs
Virginie Deneuville
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Dans l’attente de précisions sur le plan d’aide européen à l’Irlande, les banques irlandaises se préparent à une vaste restructuration. «La première étape sera de réaliser des stress tests détaillés sur les institutions financières pour s’assurer que leur situation capitalistique est suffisamment robuste», a indiqué dimanche le gouverneur de la Banque centrale Patrick Honohan. Ce qui relativise l’intérêt des tests de résistance européens que l’ensemble des banques irlandaises avaient passés avec succès en juillet dernier.

Alors que le montant de l’aide européenne tournera autour de 80-90 milliards d’euros, «un tel programme pourrait apporter un coussin financier contre les pertes anticipées et non-anticipées des banques, qui pourraient atteindre entre 22 et 37 milliards d’euros», selon Barclays Capital. Ces pertes s’ajouteraient au coût du sauvetage des banques pour les finances publiques en 2010 (31 milliards) et 2009 (4 milliards).

La santé des banques irlandaises ne cessant de se dégrader, le recours au marché risque de se révéler des plus difficiles pour le secteur, et les actionnaires existants seront largement dilués. Bank of Ireland et Allied Irish Bank cédaient respectivement 19% à 0,4 euro et 7% à 0,4 euro, tandis qu’Irish Life reculait de 23% à 0,9 euro lundi.

Au-delà des recapitalisations, les banques irlandaises vont être forcées de se séparer de certains actifs et de se replier sur leur marché national. Il s’agit de «regarder la base d’actifs des banques pour voir quels actifs non essentiels et internationaux peuvent être cédés», a indiqué le ministre des Finances irlandais, Brian Lenihan.

Les banques irlandaises ont toutefois déjà œuvré dans ce sens. Bank of Ireland a ainsi cédé à State Street ses activités de gestion d’actifs, tandis qu’Allied Irish Bank a vendu sa part de 70% dans le groupe polonais Bank Zachodni ainsi que sa participation de 50% dans le gestionnaire d’actifs BZ. «Les banques pourraient se séparer de leurs portefeuille de prêts britanniques, de prêts hypothécaires ou de crédits aux entreprises», indique un analyste. Mais alors qu’Allied Irish Bank a dû renoncer à céder ses activités bancaires britanniques faute d’offres acceptables, les actifs pourraient désormais partir à prix bradés. Par ailleurs, la recomposition du secteur irlandais pourrait également passer par des rapprochements entre les banques nationales.

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