Les banques françaises veulent rassurer quant à une restructuration de la dette grecque
Dans une belle unanimité lors de la présentation de leurs comptes du premier trimestre 2011, les banques françaises ont tenu des propos rassurants sur leur exposition à la Grèce, alors que la restructuration de la dette de ce pays gagne en probabilité.
«Un haircut [dévaluation] de 25% sur la dette souveraine grecque provoquerait une perte après impôt de 900 millions d’euros, soit un peu plus de 5% de nos fonds propres, a affirmé Pierre Mariani, président du comité de direction du franco-belge Dexia, dont l’exposition atteint 3,47 milliards d’euros au 31 mars. Le ratio de fonds propres tier one en serait affecté de 0,6 point de pourcentage. Dexia resterait parmi les banques les mieux capitalisées d’Europe.» Son ratio atteignait 13,4% au 31 mars.
Même optimisme pour BNP Paribas, qui évoque un «impact significatif mais limité». La banque est exposée aux risques grec, portugais et irlandais à hauteur de 6,7 milliards d’euros (dont 4,5 milliards pour la Grèce). Baudouin Prot, son directeur général, estime qu’une décote de la dette de ces trois pays à leur valeur de marché du 31 mars représenterait 0,15 point de pourcentage de ratio de fonds propres durs (sur 9,5%) et coûterait un euro par action (soit un impact de 1,2 milliard d’euros dans ses comptes), par rapport à son actif net par action de 57,7 euros.
BPCE, qui regroupe les Caisses d’Epargne, les Banques Populaires et Natixis, n’a pas vu son exposition nette évoluer entre le 31 décembre 2010 et la fin du premier trimestre 2011. A 1,19 milliard d’euros, elle est considérée comme relativement faible au regard de celle de ses concurrentes.
Mais c’est le Crédit Agricole qui affiche l’exposition souveraine la plus faible des grandes banques françaises: elle s’élevait fin mars à 631 millions d’euros. Une décote de l’ordre de 25% de cette dette générerait une dépréciation de 150 à 160 millions dans les comptes. Quant à la Société Générale, son exposition nette atteint 2,5 milliards.
Mais ces deux banques sont dans une situation particulière. Elles sont significativement exposées à l’économie du pays, en raison de leurs filiales Emporiki et Geniki. «En appliquant un taux de défaut de 33% sur l’encours de prêts, les capitaux nécessaires pour maintenir leurs niveaux de fonds propres pourraient atteindre 2 milliards pour Emporiki et quelques centaines de millions pour Geniki. Des montants aisément absorbables pour les deux groupes», souligne l’agence de notation Fitch.
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