Les banques françaises se mettent en position de rembourser la BCE

En avance sur leur refinancement, elles pourraient rembourser au plus tôt les fonds à trois ans empruntés lors des deux LTRO de la banque centrale
Antoine Landrot

Se sachant sous observation des marchés financiers, la plupart des banques françaises n’ont pas traîné pour boucler largement en avance leurs programmes de financement à moyen et long terme (MLT) pour l’année 2012. Deux précautions valant mieux qu’une, elles ont même poursuivi leurs efforts au-delà de leurs objectifs initiaux. Avec en ligne de mire l'éventuel remboursement, possible au bout d’un an, des liquidités empruntées à la Banque centrale européenne (BCE) lors de ses deux injections à trois ans (LTRO) de décembre 2011 et février 2012.

Premier établissement français par son bilan, BNP Paribas s’était fixé un objectif de 20 milliards d’euros; il avait indiqué à l’issue du premier semestre avoir déjà levé 22 milliards d’euros (en comptabilisant l’excédent de l’année précédente). Depuis, le groupe dirigé par Jean-Laurent Bonnafé a actualisé ses chiffres: il a emprunté 28 milliards d’euros au 7 septembre (soit 140% du programme). «Nous émettons de manière opportune en fonction des conditions de marché», explique-t-on.

Crédit Agricole SA (CASA), qui vient d'émettre un milliard d’euros d’obligations sécurisées, est allé encore plus loin: au 17 septembre, son programme d’émissions MLT est réalisé à 119% (soit 14,2 milliards d’euros), mais le taux atteint 155% si l’on prend en compte les avances réalisées en 2011, selon les chiffres communiqués à L’Agefi.

La Société Générale, dont le programme de financement était fixé dans une fourchette large de 10 à 15 milliards d’euros, a collecté 16,5 milliards d’euros au 30 août, soit 2,3 milliards de plus qu’au pointage précédent le 23 juillet.

BPCE avait réalisé 80% de son programme de 26 milliards d’euros au 20 juillet. Depuis, la banque a réalisé deux émissions obligataires d’un montant cumulé de 1,9 milliard. Mais cela ne tient pas compte d’éventuels placements privés.

Signe que la vision des marchés à l’égard des banques françaises s’est détendue, la part des placements privés dans leur financement s’est réduite pour certaines. Elle atteignait par exemple 57% début juillet, contre 53% deux mois plus tard. En revanche, la proportion est plus importante et augmente même légèrement pour la Société Générale entre le 23 juillet (39%) et le 31 août (42%). BPCE, qui n’indique pas la proportion des transactions privées, peut compter sur la force de ses deux réseaux, qui ont placé 14% des obligations MLT émises par le groupe au 20 juillet.

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