Les banques françaises jugent gérable le coût des règles du TLAC
Le TLAC (total loss absorbance capacity) coûtera aux banques françaises, mais dans des proportions raisonnables. Tel est le message que BNP Paribas, BPCE, la Société Générale et le Crédit Agricole ont envoyé aux investisseurs ces derniers jours à l’occasion de la publication de leurs résultats annuels. Les quatre groupes ont tenté de quantifier l’impact de ces nouvelles règles imposées aux banques d’importance systémique lors du dernier G20 de Brisbane.
Le dispositif forcera les grands établissements financiers à détenir suffisamment de fonds propres et de dette transformable en capital (bail-inable) en cas de résolution, au plus tôt au 1er janvier 2019. Le ratio final, entre 16% et 20% des actifs pondérés auquel s’ajoutent des coussins spécifiques, tout comme sa composition, restent à préciser. La copie du Conseil de stabilité financière est attendue d’ici à fin 2015.
En prenant comme hypothèse un ratio TLAC de 20,5% coussins inclus, BNP Paribas chiffre à 34 milliards d’euros le montant des instruments complémentaires qu’il lui faudrait lever sur le marché. Titres tier 1, tier 2 ou nouvelle catégorie tier 3 très proche de la dette senior, le format reste à définir. Sur les 500 millions d’euros de surcoûts réglementaires qu’anticipe le groupe d’ici à 2016, environ 50 millions pourraient provenir du TLAC, selon des sources proches.
La Société Générale fait la même évaluation. Elle aurait environ 20 milliards d’euros à lever d’ici à 2019 pour parvenir à un ratio de 19,5%. «On peut attendre un impact en 2016 de 50 à 60 millions, mais c’est très difficile à prévoir car vous devez savoir quel type d’instruments vous allez émettre», a indiqué son directeur financier Philippe Heim le 12 février.
Le Crédit Agricole, qui veut clairement protéger ses créanciers seniors, pense déjà toucher au but avec un TLAC estimé à 21,2% fin 2014, pour une fourchette cible comprise entre 19,5% et 23,5%. «Nous pensons avoir déjà une structure de bilan et un impact en compte de résultat conformes aux exigences du TLAC», jugeait Bernard Delpit, le directeur financier de CASA, le 18 février. Quant à BPCE, peu disert sur le sujet, il estime que «la capacité de génération de [fonds propres durs] CET1 du groupe, et son niveau actuel de solvabilité CET1 et global, permettent de préparer la mise en place dans de bonnes conditions du TLAC après 2019».
Plus d'articles du même thème
-
Ardian poursuit la réorganisation de sa gouvernance
François Jerphagnon succède à Mathias Burghardt à la présidence du directoire d'Ardian France. Ce dernier quitte ses fonctions exécutives pour se consacrer à l'activité Infrastructure. -
Les fonds actions des marchés émergents signent leur deuxième plus importante collecte hebdomadaire
Les fonds actions axés sur les marchés émergents ont attiré 29,6 milliards de dollars d’entrées nettes sur la semaine, d’après le Flow Show de Bank of America. -
La roupie indienne reste en mauvaise posture
Comme chaque semaine, retrouvez le coup d'oeil de DeftHedge sur le marché des changes.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- La BFI de Bred Banque Populaire veut tout avoir d’une grande
- Tiré par sa banque d'investissement, BNP Paribas annonce des profits en forte hausse
- Les marchés se préparent à un discours ferme de la BCE
- Les taux français à 10 ans passent la barre des 4%
- Olivier Gavalda succède à Daniel Baal à la Fédération bancaire française
Contenu de nos partenaires
-
PortraitQui est Laura Loomer, influenceuse proche de Donald Trump, qui a interviewé Volodymyr Zelensky ?
Jeudi, l’influenceuse, qui a longtemps relayé la propagande de Moscou sur ses réseaux sociaux, a interviewé le président ukrainien avec beaucoup de bienveillance. Un revirement étonnant -
Voyage voyageAu départ de Toulouse, Airbus réussit son essai du plus long vol commercial direct du monde
Un A350 a relié mercredi Toulouse à Melbourne en 19 heures, lors d’un vol d’essai sans escale de la compagnie australienne Qantas. Ce succès devrait permettre au projet « Sunrise » de se concrétiser. -
Second souffleAllemagne : Merz, en quête d’un rebond, change plusieurs ministres CDU
Le chancelier allemand a annoncé vendredi un mini-remaniement et a promis d’autres changements prochainement