Les banques françaises gonflent leur matelas de capital hybride
Le Crédit Agricole est en route pour le MREL. La banque a promis d’atteindre dès la fin 2016 ce nouveau ratio «d’exigence minimale de fonds propres et passifs exigibles» imposé aux banques par la directive européenne BRRD traitant des faillites bancaires, et qui représentera 8% des passifs. Pour y parvenir, le groupe mutualiste a signé hier une grosse émission de dette subordonnée tier 2, qui en appellera d’autres cette année et l’an prochain.
Crédit Agricole SA a placé 2 milliards d’euros de titres à 12 ans, à un spread de 180 points de base au-dessus des midswaps, resserré par rapport à une marge initiale de 190 pb. L’emprunt fait ressortir un coupon de 2,625%. Le succès de l’opération pourrait conduire dans la foulée le groupe à lancer un emprunt tier 2 en dollar, à 10 ans.
Pour atteindre leur objectif de MREL dans les prochaines années, les banques européennes ont le choix entre accroître leurs fonds propres durs et émettre des instruments hybrides tier 1 et tier 2. En janvier et février, elles ont placé l’équivalent 13,2 milliards d’euros de dette subordonnée, selon le pointage des analystes de SG CIB, le début d’année le plus intense sur ce front depuis huit ans. Le mois de mars s’annonce tout aussi intense, puisque la semaine dernière, Santander et KBC ont levé 2,25 milliards de tier 2 au total.
CASA est la troisième banque française à venir sur ce marché en 2015. En février, juste après la publication de leurs résultats, BNP Paribas et la Société Générale avaient déjà placé 1,5 et 1,25 milliard d’euros de titres tier 2 à 10 ans, à des spreads respectifs de 170 et 190 pb.
Les conditions de financement exceptionnelles créées par l’annonce de l’assouplissement quantitatif (QE) en zone euro servent les objectifs des banques. Tous les nouveaux papiers tier 2 ou additional tier one (AT1) émis en Europe cette année se sont resserrés sur le marché secondaire. Le spread de l’emprunt Santander, réalisé à 190 pb le 4 mars, s’était déjà resserré de 28 pb deux jours plus tard. Sur le seul compartiment du capital contingent (CoCos), la recherche de rendement de la part des investisseurs a déjà permis l’émission de 11 milliards d’euros de titres, le double de la même période de 2014.
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