Les banques françaises finissent une année de cure d’amaigrissement
L’année 2012 aura été marquée par une vague de cessions sans précédent de la part des banques françaises. Dans la perspective des règles prudentielles de Bâle 3 et sous la pression des marchés, elles ont dû alléger leur bilan («deleveraging») en vendant des filiales non essentielles ainsi que des actifs financiers. Avec un certain succès: BNP Paribas et la Société Générale ont ainsi atteint leurs objectifs en la matière dès le troisième trimestre.
L’objectif pour les banques était, dans la plupart des cas, de renforcer les fonds propres réglementaires ou de réduire le montant de leurs actifs pondérés du risque (risk weighted assets, ou RWA). Elles ont aussi pu céder des filiales en perte de vitesse ou qui, par le risque qu’elles faisaient courir, pesaient sur le cours de l’action. C’est le cas d’Emporiki, la filiale grecque de Crédit Agricole SA (CASA) cédée à Alpha Bank. Maintenue à bout de bras depuis deux ans, elle nécessitait encore 2,3 milliards d’euros de refinancement intragroupe à fin juin, alors que les normes de Bâle 3 promettent d’être très exigeantes en matière de liquidité.
D’autres opérations sont plus opportunistes. Les cessions des filiales égyptiennes de la Société Générale (NSGB) et de BNP Paribas (BNP Paribas Egypt), toutes deux rentables sur un marché prometteur, entrent dans cette catégorie –même si pour la première, il s’agit d’un crève-cœur puisque NSGB devait être le fer de lance de son dispositif en Afrique du Nord. Mais les valorisations proposées par les acquéreurs (respectivement 2 et 1,6 fois la valeur comptable des filiales) rendaient les offres difficiles à refuser dans un pays où le risque politique n’est pas nul.
La vente d’actifs financiers constitue l’autre pan du deleveraging. Crédit Agricole CIB a par exemple réduit ses actifs pondérés de 14 milliards d’euros grâce à la cession d’un portefeuille de crédits structurés. BNP Paribas a, de son côté, vendu 9,5 milliards de dollars de créances au secteur de l’énergie.
Cette vague de cessions, qui s’est formée au cœur de l’été 2011, devrait perdurer en 2013 –reste à trouver des acquéreurs. CASA est ainsi prêt à se défaire de sa participation de 19,4% dans l’espagnol Bankinter, pour peu que les candidats veuillent y mettre le prix. Pema, filiale de leasing de la Société Générale, a été mise en vente en août, mais ne trouve pas preneur. BPCE a indiqué que sa filiale Coface avait vocation à être introduite en Bourse.
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