Les banques françaises engrangent les dépôts
Critiquées par les investisseurs pour leur bilan déséquilibré au moment de la crise de la zone euro en 2011, les banques françaises ont retenu la leçon. Au deuxième trimestre 2013, elles ont connu une collecte de dépôts dynamique, tout en limitant la croissance des crédits sur fond de marasme économique –améliorant les conditions de leur refinancement.
En France, la baisse du taux du Livret A, qui bénéficie peu aux banques puisqu’il est centralisé à 65% auprès de la Caisse des dépôts, a également exercé une influence positive en rendant plus attirants les autres comptes d’épargne qu’elles commercialisent. La Société Générale affiche ainsi une croissance de 4% de ses dépôts sur la clientèle de particuliers et d’entreprises dans l’Hexagone par rapport au trimestre précédent et de 9,8% en un an (à 155 milliards d’euros). Sachant que l’encours de crédit a stagné pendant toute cette période à 176 milliards, le ratio crédits sur dépôts est ainsi passé de 125 à 114% en 12 mois.
L’inversion entre dépôts et crédits est encore plus nette chez BNP Paribas: en France, les premiers progressent de 6% (à 124 milliards d’euros), tandis que les seconds reculent de 2,7% –le groupe évoque une «moindre demande». Il en résulte une forte chute de son ratio, lequel est passé en un an de 128 à 117,6%.
Les réseaux mutualistes –dont le maillage territorial est infiniment plus dense– affichent les mêmes tendances: les encours d’épargne de bilan hors épargne centralisée (la seule qui compte pour renforcer la solidité du bilan) progressent de 7,3% chez les Banques Populaires et de 7,5% pour les Caisses d’Epargne. Au Crédit Agricole, la hausse de 4,9% doit en revanche surtout aux livrets d’épargne réglementés (+13%). Mais, proximité avec la clientèle oblige, les mutualistes sont moins restrictifs en terme d’accord de crédits (+2,4% d’encours aux Banques Populaires et +8,5% chez l’Ecureuil par exemple).
Les activités étrangères –notamment dans les économies «récentes» où les banques ont d’abord servi à sécuriser les dépôts– apportent leur contribution et sont souvent en situation de surliquidité. C’est par exemple le cas des réseaux internationaux la Société Générale (dont les dépôts progressent de 5,3% à 63,6 milliards et les crédits de 1,3% à 61,7 milliards) et de BNP Paribas en Belgique (les dépôts progressent de 4% à 105 milliards, pour 86 milliards de crédits). Mais ces filiales sont parfois d’un secours limité étant donné que les dépôts ne sont pas toujours transférables.
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