Les banques françaises devraient profiter à plein du retour de la croissance
Comment va évoluer la rentabilité des banques françaises et européennes au cours des prochaines années? Elle devrait s’améliorer, estime le directeur des études économiques de Natixis Patrick Artus qui, dans une étude publiée récemment, met en avant un facteur majeur: la hausse des taux d’intérêt à long terme. Sous l’effet de l’arrêt de la politique de quantitative easing, «on devrait observer en 2017-2018 une pentification de la courbe des taux d’intérêt de la zone euro», écrit-il, autrement dit l’écart entre taux courts et taux longs va s’accroître, permettant aux banques de faire à nouveau leur métier de transformation. Elles pourront toujours emprunter à court terme à bas prix, pour prêter à long terme à des taux plus élevés, d’où une hausse de leur marge.
Selon Damien Souchet, analyste actions chez Morgan Stanley, co-auteur d’une étude sur les banques françaises, «cet effet positif jouera effectivement, mais sur le long terme», notamment s’agissant des banques françaises, au fur et à mesure que les nouveaux crédits, à des taux supérieurs, remplacent les anciens. Si les banques italiennes ou espagnoles ont une grande sensibilité immédiate à la hausse des taux, ce n’est pas le cas des établissements hexagonaux. Dans l’immédiat, ceux-ci verront plutôt un effet positif de la croissance du crédit, notamment aux entreprises, gage de rentabilité.
La France est le pays de la zone euro où la production de nouveaux crédits destinés aux entreprises a le plus augmenté depuis le début de l’année, souligne l’étude de Morgan Stanley. Sur les cinq premiers mois, la hausse atteint 27%, contre +12% pour l’Allemagne et +5% pour la zone. Cette progression devrait se poursuivre en 2018 grâce à la reprise de l’investissement des entreprises. Combinée avec des taux d’intérêt plus élevés sur ces nouveaux crédits, elle devrait permettre d’accroître les profits bancaires, estime Morgan Stanley. Les facteurs de baisse des bénéfices,comme la chute des revenus liée aux renégociations de crédits immobiliers, sont déjà dans les comptes. Cela conduit la banque à réviser en hausse de 1% à 2% les prévisions de bénéfice pour 2019 et de 1% à 4% pour 2020, s’agissant des banques françaises cotées. La rentabilité de celles-ci, mesurée par le RoTNAV (return on tangible net assets value ou actif net réévalué), passerait de 9,4% en 2016 à 10,2% en 2017, allant jusqu’à 11% en 2020, selon Morgan Stanley.
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