Les banques françaises dans le viseur de Moody’s pour leur exposition grecque
La crise grecque ne finit pas de faire des vagues. L’agence de notation Moody’s a annoncé cette nuit avoir placé la Société Générale, le Crédit agricole SA et BNP Paribas sous surveillance pour une possible dégradation de leur note. En cause, l’exposition des trois plus importantes banques françaises à la dette grecque. «L’objectif principal de ces trois réexamens portera sur les expositions de ces banques à la dette souveraine grecque, au secteur privé grec et à l’incohérence potentielle entre l’impact d’un possible défaut ou d’une possible restructuration grecs et leurs niveaux actuels de notation», a précisé Moody’s dans son communiqué.
Pour le Crédit Agricole, exposé à la Grèce via sa filiale Emporiki, et pour BNP Paribas, dont l’exposition est «plus modeste» selon Moody’s, le risque de dégradation de note suite à ce passage au crible de l’agence est limité à un cran. En revanche, la note de la Société Générale, qui détient une part majoritaire au capital de la banque grecque Geniki, pourrait être dégradée de deux crans du fait de «son lien à la notation de l’Etat français, qui est actuellement plus élevé que la moyenne du secteur bancaire français» indique Moody’s. Si BNP Paribas n’a pas de filiale en Grèce, Moody’s précise qu’elle détient une masse «substantielle» de créances sur la dette grecque.
Au total, Fitch estime que sur les titres souverains, l’interbancaire, les titrisations et les encours de prêts des filiales, l’exposition totale des banques françaises se monte à 42,3 milliards d’euros. Elle est de 25 milliards pour Emporiki et Geniki, dont 21,3 milliards pour Emporiki, et de 11 milliards pour les souverains, dont 5 milliards pour BNP Paribas. La BRI chiffrait elle l’exposition des banques françaises à 57 milliards d’euros fin 2010, contre 63 milliards à l’issue du troisième trimestre 2010. Les banques allemandes sont exposées à hauteur de 34 milliards.
En pleine négociation pour un deuxième plan de soutien à la Grèce impliquant les créanciers privés, le président de la FBF, François Pérol, a indiqué hier qu’il partageait «les préoccupations exprimées de façon très solennelle par la BCE sur la question (de la dette souveraine grecque, ndlr)». Et de rappeler que «à la demande du gouvernement, les banques françaises ont pris l’engagement en mai 2010, et l’ont tenu, de conserver leur exposition en dette souveraine grecque».
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