Les banques françaises agitent les menaces sur l’emploi
Les banques peuvent encore se targuer d’être l’un des principaux employeurs et recruteurs en France. Selon les statistiques communiquées par l’Association française des banques (AFB, qui représente les seules banques commerciales), valables pour l’ensemble du secteur, les établissements ont embauchés 24.000 personnes en 2013, dont 60% en CDI, contre 21.000 un an plus tôt.
Les incertitudes qui avaient pesé sur l’emploi en 2012 (réglementation, élections, contexte macroéconomique…) ont été partiellement levées: les fonctions supports qui avaient particulièrement souffert d’un gel des embauches sont reparties à la hausse.
Il n’empêche: les banques ont détruit de l’emploi en 2013. Leurs effectifs ont chuté de 1,6% à 367.000. La pyramide des âges joue et les embauches n’ont pas suffisamment compensé les départs en retraite. Ceux-ci ont représenté 34% de l’ensemble des sorties en 2013, contre seulement 22% en 2012, et plus de la moitié des départs de CDI. Cette augmentation est le résultat de la réforme du dispositif de retraite anticipée pour les carrières longues, mise en place en novembre 2012. «Dans les années 1970, le secteur a embauché de nombreux jeunes à niveau de qualification faible», précise Jean-Claude Guéry, directeur des affaires sociales de l’AFB.
L’évolution de la distribution des produits contribue aussi à expliquer la baisse des effectifs. La montée en puissance de la banque à distance pèse sur les emplois les moins qualifiés dans les réseaux (chargés d’accueil, certains conseillers), les recrutements dans les centres d’appels n’ayant pas suffi – un nombre croissant de clients réalise ses opérations sur internet. Ceci explique que l’emploi de techniciens (personnel non cadre) chute bien plus que celui des cadres (-4,9% contre -0,5%). Les projets de fermetures d’agences (BNP Paribas, Société Générale…) en témoignent.
La réglementation et la fiscalité sont citées comme autres freins à l’embauche. «Alors que nous pensions que le cycle de réglementations post-crise arrivait à son terme avec l’Union bancaire, tout un tas de nouveaux projets, qui se calent souvent sur le modèle anglo-saxon, est apparu», regrette Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la Fédération bancaire française (FBF). La dirigeante cite le ratio de levier, les discutions autour de la capacité d’absorption des pertes (GLAC) ou les réflexions sur la gestion du risque de taux.
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