Les banques européennes sont appelées à plus de transparence
Dans la sixième édition de son étude annuelle consacrée aux rapports annuels des quinze plus grands groupes bancaires européens, le cabinet d’audit KPMG note que leurs résultats courants avant impôts cumulés ont chuté de 22 milliards d’euros sur l’année 2011 pour tomber à 62 milliards, soit 26% de baisse. Les revenus générés par les banques d’investissement ont, de leur côté, chuté de 13,5% à 97 milliards.
Et les perspectives sur 2012 sont inquiétantes, avec des résultats en repli d’un tiers au premier trimestre. Lors de la présentation de l’étude hier, Marie-Christine Jolys, associée responsable du département réglementaire bancaire chez KPMG, s’est en outre inquiétée du manque de communication des banques concernant les montants et l’utilisation des liquidités à 3 ans (LTRO) fournies par la BCE.
Le coût de la dépréciation de la dette grecque a pesé sur les comptes 2011 des établissements à hauteur de 9,5 milliards d’euros. Un coût concentré à 67% sur BNP Paribas, Commerzbank et RBS. Plus inquiétant : les banques étudiées font état d’une exposition de 206 milliards à l’Espagne, l’Italie, l’Irlande et le Portugal.
Les dépréciations de survaleurs ont quant à elles pesé à hauteur de 11,4 milliards (dont 9 milliards pour UniCredit) et les litiges à hauteur de 11,2 milliards, dont 6,6 milliards pour les assurances emprunteurs (PPI), spécifiques aux banques britanniques. En outre, les résultats ont profité de 12,5 milliards de réévaluation de leur dette propre. Une astuce comptable à laquelle Fabienne Lasserre, chef des études comptables à l’ACP, s’est dit opposée hier.
Le rendement moyen pour les actionnaires (RoE) a chuté de 3 points en un an à 5,2%, pénalisé à la fois par la hausse des fonds propres liée aux nouvelles réglementations ainsi que par la baisse des résultats. Certes, la charge de dépréciation sur les encours de prêts est tombée à 71 milliards, après un pic de 113 milliards en 2009, mais Marie-Christine Jolys a noté une dégradation de la qualité du crédit depuis le début de l’année et craint un rebond des dépréciations en 2012.
Alors que les débats publics s’intensifient sur la question de la rémunération des banquiers et que les banques sont en quête de crédibilité, KPMG regrette aussi le manque d’homogénéité et de transparence en la matière en dépit de l’entrée en vigueur de CRD3, avec peu d’informations sur les rémunérations à long terme et les bonus différés.
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