Les banques européennes ont accéléré leurs désinvestissements immobiliers en 2014
Alors que les établissements du Vieux Continent sont en phase de nettoyage de leur bilan et que les «bad banks» soldent dans plusieurs pays l’héritage de la crise, les cessions de portefeuilles de prêts adossés à de l’immobilier ou de propriétés saisies ont ainsi bondi de 156% l’an dernier, à un record de 80,6 milliards d’euros, selon Cushman & Wakefield.
Le courtier souligne l’activité des investisseurs américains, qui ont été impliqués dans 77% des 160 opérations bouclées l’an dernier. «Cela s’explique par l’amélioration des fondamentaux de l’immobilier en Europe (…), les rendements disponibles dans les économies européennes en phase de reprise [étant] supérieurs aux taux offerts aux Etats-Unis», analyse la note. Les fonds de private equity américains Cerberus, Lone Star et Blackstone ont à eux seuls totalisé 53% des transactions.
L’essor des volumes traduit aussi le souhait des vendeurs d’accélérer leurs cessions d’actifs. Le nombre d’opérations supérieures à 1 milliard d’euros a ainsi triplé, la palme revenant au «Projet Hercule» avec 6,4 milliards d’euros de prêts résidentiels cédés par l’espagnol Catalunya Banc à Blackstone en juillet. «Cette inflation est un renversement de tendance par rapport à 2012 et 2013, quand les vendeurs réduisaient le montant moyen pour attirer davantage d’acheteurs», indique Cushman & Wakefield.
Comme l’an dernier, 70% des montants ont concerné des prêts adossés à de l’immobilier commercial, une classe d’actifs plus aisée à mettre sur le marché car moins granulaire. En cours de liquidation, l’ancienne Anglo Irish Bank, devenue IBRC (Irish Bank Resolution Corp), y a réalisé l’essentiel de ses cessions, qui ont totalisé un record de 18,7 milliards d’euros. La structure de défaisance irlandaise, la Nama, arrive en deuxième position des cédants, avec 10,1 milliards d’euros, suivi de RBS (9,6 milliards), Catalunlya Banc (6,4 milliards) et Lloyds Banking Group (5,8 milliards).
A mesure que leurs programmes de cession arrivent à leur terme, les vendeurs britanniques devraient progressivement passer la main cette année aux cédants espagnols, selon Cushman & Wakefield, qui table cette année sur des volumes de cession de 60 à 70 milliards d’euros. «2015 dépendra de la Nama et de la Sareb ( la structure de défaisance espagnole, ndlr)», souligne le courtier.
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