Les banques essuient la tempête du Brexit
Le vote des électeurs britanniques en faveur d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne fait valser les valeurs bancaires britanniques. A la mi-journée, Barclays chute de 19%, Lloyds Banking Group abandonne 21,4%, RBS cède 17,5%, tandis que HSBC limite la casse avec un recul de 4,3%. Les analystes de Citi ont abaissé leur recommandation à vendre en ce qui concerne Lloyds et Barclays, des établissements jugés parmi les plus exposés aux différents risques soulevés par le Brexit : perte du «passeport européen», ralentissement de la demande de crédit, contraction des marges d’intérêt net ou encore dégradation de la qualité des actifs.
Les banques britanniques sont loin d'être les seules à être affectées par le choix des électeurs britanniques. Les établissements italiens, espagnols ou grecs sont également très sévèrement touchés avec par exemple une chute de plus de 18% pour Intesa Sanpaolo et Banco Santander et jusqu'à 28% pour Alpha Bank. Les banques françaises, souvent un peu plus malmenées que leurs pairs, ont vu leur titre réagir plus vivement que la moyenne européenne avec la Société Générale qui lâche 18,45% et BNP Paribas -16,49%. La réaction est plutôt en ligne pour Crédit Agricole SA (-14%) et Natixis (-15%).
« Je ne crois pas que ce soit les banques françaises qui seront les plus impactées dans leurs choix opérationnels » par rapport à d’autres établissements car « elles ont gardé deux pieds à la fois à Paris et à Londres », a réagi Frédéric Oudéa, le directeur général de la Société Générale et président de la la Fédération bancaire française, au cours d’un point presse. « Il n’y a pas de raisons pour que nous (banques françaises, ndlr), on se précipite » pour revoir nos implantations, a-t-il poursuivi.
La longueur attendue des négociations pour définir les relations économiques entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, notamment la question du passeport européen pour l’accès aux marchés financiers, fait craindre une nouvelle longue période d’incertitude. Les banques de financement et d’investissement européennes devraient logiquement souffrir de cette situation qui encourage l’attentisme des entreprises, peu enclines à lancer des emprunts obligataires, des introductions en Bourse ou des opérations de fusions ou d’acquisitions, surtout si elles impliquent une partie britannique.
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