Les banques espagnoles souffrent de la faiblesse de leur marché domestique
En attendant les géants BBVA et Santander cette semaine, les premières publications de résultats semestriels des banques espagnoles témoignent de la profondeur de la crise dans le pays. Revenus en berne et hausse du coût du risque dominent en effet l’activité.
Les prêteurs souffrent de la stagnation de l’économie. CaixaBank a publié le 22 juillet des revenus nets d’intérêt de 742 millions d’euros, en baisse de 17% sur un an et de 7,5% par rapport au premier trimestre. La chute prend des proportions similaires au Banco Popular, avec 14% de revenus en moins sur un an à 529,5 millions. Chez Sabadell, le repli est plus modéré, de 1,4% à 385,4 millions d’euros.
Les marges, qui avaient touché le fond fin 2010, commencent cependant à se redresser, la hausse du coût de la ressource étant répercutée sur celle des crédits. La marge clientèle est ainsi remontée à 2,29% au deuxième trimestre chez Popular, contre 2,21% fin décembre mais encore 2,47% il y a un an. Sabadell a gagné 20 points de base de marge clientèle en 6 mois, à 1,99%, tout en restant très en deçà des plus de 2,80% qu’elle facturait encore en 2008.
A l’effet marge, qui explique la baisse des revenus d’intérêt sur un an, s’ajoute la faiblesse des volumes. «Il n’y aura pas de croissance du crédit dans ce pays pendant les prochaines années, c’est très clair, indiquait le 21 juillet Jaime Guardiola, directeur général de Banco Sabadell. Nous ne sommes pas capables de tenir nos objectifs de crédit».
L’autre point de faiblesse des banques espagnoles est le coût du risque. Le taux de créances douteuses demeure résolument orienté à la hausse. Les prêts non performants représentent désormais 4,3% des encours chez CaixaBank (contre 3,41 % fin juin 2010), 5,55% chez Sabadell (au lieu de 4,38%) et 5,58% pour Banco Popular (contre 5,04% il y a un an et 5,44% fin mars).
Cela ne s’est pas forcément traduit au deuxième semestre par une hausse du coût du risque, certains établissements ayant moins provisionné que de coutume. Notamment Sabadell: «La détérioration du bilan se lit à travers la baisse du taux de couverture des créances douteuses, passé de 61% à 45%», regrettent les analystes crédit de RBS.
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