Les banques espagnoles restent en retrait de la réforme des caisses d'épargne
La logique voudrait que le rapprochement-sauvetage des caisses d’épargne espagnoles (cajas ou caixas) – qui contrôlent la moitié du marché des particuliers local – puisse susciter l’intérêt des banques classiques, au premier rang desquelles BBVA et Santander. Il serait de même tentant pour le gouvernement espagnol de s’appuyer sur ces géants bancaires.
Une banque pourrait en effet entrer au capital des «institutions centrales» créées par certaines cajas, dans le cadre des SIP (Sistema institucional de protección), et introduites en Bourse. D’autres caisses, comme CCM, ont opté pour le nouveau régime de fondation. Proche du modèle italien, il permet le transfert du bilan bancaire à une société anonyme, dont le capital est cessible à un tiers.
Pourtant, les banques ne se précipitent pas. Lors de la dernière assemblée générale de BBVA, son PDG Francisco Gonzalez a affirmé que le groupe ne participerait pas au processus. «Ce n’était pas formulé comme un vœu pieux, mais comme une évidence, avec la conviction d’être à l’abri d’une telle perspective, confie un dirigeant de l’établissement. Dans le contexte actuel, la Banque d’Espagne veille à ne pas affaiblir BBVA et Santander.» Les deux établissements sont sur la même longueur d’onde que l’Etat, même si ce dernier peut évoluer sous la pression politique (notamment des gouvernements autonomes).
Les banques de taille moyenne, comme Bankinter, Banco Pastor, ou Sabadell, «auraient les moyens d’acquérir le contrôle de caisses petites ou intermédiaires. Ces établissements sont des candidats solides, qui font preuve d’une grande capacité d’adaptation», estiment les avocats de Cuatrecasas Gonçalves Pereira. Il reste aussi les établissements étrangers, qui contrôlent moins de 20% du marché.
Mais à l’heure où les futures exigences en fonds propres du Comité de Bâle et des régulateurs nationaux provoquent une course aux dépôts en Europe, le moment n’est pas le mieux choisi pour accroître sa part de marché auprès des particuliers espagnols. «Les actionnaires privilégient les acquisitions sur des marchés de croissance, comme la Turquie», explique le dirigeant de BBVA (acquéreur de 25% de Garanti Bank en novembre).
La valorisation des caisses est un autre sujet en suspens. «La question ne se pose pas en terme de valeur, mais en fonction du montant de cash nécessaire pour équilibrer les ratios réglementaires», estime le banquier.
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