Les banques espagnoles résisteraient pour moitié à une grave crise économique
Après avoir passé au crible quatorze groupes bancaires espagnols, le cabinet d’audit indépendant Oliver Wyman a établi leurs besoins en capitaux à 59,3 milliards d’euros dans le cas d’une très grave crise économique. Ces conclusions sont comparables aux chiffres de l’audit plus général mené en juin dernier par Oliver Wyman et Roland Berger. Les besoins avaient alors été estimés entre 51 et 62 milliards.
Le stress test de l’auditeur américain sur les quatorze établissements représentant 90% du système bancaire espagnol n’est pourtant pas aussi réjouissant. Dans un scénario économique très adverse, seule la moitié des établissements résisterait à un recul du PIB de 6,5% jusqu’en 2014 et à des exigences de fonds propres établies à 6%. Selon la Banque d’Espagne, neuf groupes s’en sortiraient dans un scénario envisageant un repli du PIB de 1,7% en trois ans et des exigences de fonds propres à 9%.
Banco Santander, BBVA, La Caixa, Sabadell, Kutxabank, Bankinter et Unicaja, les «sept groupes, représentant plus de 62% du portefeuille de crédits analysés», résisteraient au test le plus dur, le troisième en trois ans. Selon une classification établie dans le protocole d’intention (MoU), ces bons élèves seraient placés dans un premier groupe.
Les mauvais élèves rentreraient dans le deuxième groupe, celui des banques sous perfusion publique obligées de présenter un plan de restructuration et transférer leurs actifs problématiques à la bad bank. Y figurent Bankia, dont le déficit est, selon Oliver Wyman, de 24,7 milliards d’euros, Catalunya Banc, NGC Banco et Banco de Valencia, toutes sous la tutelle du fonds de restructuration bancaire (Frob). A elles seules, elles absorberaient 86% des 59,3 milliards d’euros en besoins estimés.
Le troisième groupe comprendrait Banco Popular, BMN ainsi que le groupe fusionné entre Ibercaja, Liberbank et Caja 3, qui auront jusqu’au 30 juin 2013 pour se recapitaliser. Angel Ron, président de Banco Popular, certainement mécontent du classement, n’a pas caché ses doutes sur l’utilité des tests: «C’est comme si on prenait un médicament très aggressif avant même d’être tombé malade», a-t-il souligné. Mais de sources concordantes, le conseil d’administration de la banque a approuvé hier une augmentation de capital pouvant atteindre 2,5 milliards d’euros.
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