Les banques espagnoles non rentables seront liquidées
Nouvelle réforme pour le secteur financier espagnol: le gouvernement prépare une nouvelle loi pour élargir les pouvoirs de la Banque d’Espagne et lui permettre d’aider rapidement les banques en difficulté. Si les établissements concernés n’arrivent pas à se récupérer, le Frob, le fonds de restructuration, pourra désormais les liquider. «Si une petite banque connaît des difficultés, le Frob et la Banque d’Espagne pourront intervenir en lui accordant une aide pour un laps de temps déterminé. Si au bout de cette période, la banque n’a pas pu développer une ligne commerciale rentable, on la fermera et son fonds de commerce sera vendu», explique le professeur d’économie Antonio Argandoña de l’IESE de Barcelone.
Cette nouvelle disposition vise à éviter les déboires que le système financier espagnol a connus dans le passé avec le fiasco de Bankia et de la Caja del Mediterráneo (CAM). Accusée de la mauvaise gestion de la crise financière, la Banque d’Espagne aura ainsi plus de moyens pour intervenir et prévoir les problèmes que pourraient connaître certains établissements. Une mesure qui anticipe ainsi le résultat d’un audit portant sur les 14 principales banques du pays, qui pourrait révéler que d’autres banques ont besoin d’une aide.
Selon le quotidien Expansion, la Banque d’Espagne pourra décider un «sauvetage précoce» des établissements qui présentent des «éléments objectifs» permettant de penser qu’ils ne pourront respecter dans le futur les règles de solvabilité et de liquidité. L’établissement ainsi mis sous tutelle par la Banque d’Espagne devra livrer un plan de viabilité sous un délai de dix jours. Des accords de rééchelonnement de ses dettes avec ses créanciers voire la démission de certains responsables pourront être exigés.
Le Frob fixera le prix des banques à démanteler, c’est-à-dire celles qui sont jugées non viables et celles qui sont incapables de rembourser les aides publiques dans un délai raisonnable. Leur passif et actif passeront à une «banque relais» qui sera revendue et les actifs toxiques seront transférés à la «bad bank» en voie de création.
Antonio Argandoña regrette que cette mesure n’ait pas été adoptée plus tôt: «Il y avait des banques qui ne méritaient pas d’être sauvées. On n’a pas voulu affronter avec audace le problème de certains établissements par peur de voir une banque tomber. Résultat: tout le système financier est désormais touché».
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