Les banques enterrent le projet européen Monnet sur les systèmes de paiement
En annonçant hier l’arrêt du projet de système de paiement Monnet, les 24 banques européennes qui y participaient ont mis leur menace à exécution. En juin 2011, elles avaient mis en garde Bruxelles sur la nécessité pour les autorités de la concurrence européennes d’assurer la pérennité du futur système.
Les établissements avaient posé deux conditions. Ils souhaitaient «la certitude juridique et le caractère pérenne du système de paiement à quatre coins [impliquant le consommateur, le commerçant et leurs banques respectives, ndlr] assurant l’interopérabilité et l’universalité du service de paiement», par opposition au système «à trois coins», moins transparent puisqu’il met en relation les deux banques avec un seul intermédiaire, tel American Express.
En outre, «les banques souhaitent des règles du jeu précises face à une Autorité de la concurrence très active. Or la Commission a refusé de leur donner un cadre juridique validé par anticipation. Mais les banques n’entendent pas mobiliser plusieurs centaines de millions d’euros à l’aveuglette», explique à L’Agefi Georges Pauget, l’ancien directeur général du groupe Crédit Agricole, porte-parole des banques françaises sur le sujet. Le projet Monnet était d’autant plus lourd qu’il était, contrairement à des projets concurrents PayFair ou EAPS, conçu pour traiter tous les moyens de paiement, des cartes aux transactions par téléphone portable.
Les membres de Monnet réclamaient également «une certitude durable au regard de leur modèle économique», rappelle leur communiqué publié hier. Or, la Commission européenne exige que tout système européen de paiement se conforme par principe à l’accord sur les commissions d’interchange transfrontalières entre Visa et Mastercard.
Mais selon les banques, cet accord «ne permet pas un modèle économique viable pour un nouvel arrivant». Le projet Monnet prévoyait lui la mise en place de commissions identiques à l’échelle européenne selon le type d’opérations et leur niveau de valeur ajoutée. «Cette solution avait le mérite de favoriser une réelle harmonisation européenne», estime Georges Pauget qui regrette la position «doctrinaire» de Bruxelles.
L’objectif de Monnet était de briser le duopole formé par Visa et Mastercard sur le marché des systèmes de paiement. Il correspondait également à la philosophie générale de Bruxelles de favoriser l’ouverture à la concurrence de ce marché.
Plus d'articles du même thème
-
«Le positionnement neutre nous permet de naviguer dans l’incertitude actuelle tout en restant exposés à la volatilité»
Findlay Franklin, gérant crédit multi-actifs chez RBC BlueBay -
« Le rebond récent paraît fragile »
Pierre-Alexis Dumont, Directeur des Investissements de Sycomore AM -
Le blocage d’Ormuz est chaque jour plus problématique
Plus le blocus du détroit d’Ormuz sera long, plus il sera difficile de normaliser la situation sur les marchés de l’énergie. Les mesures de compensation du déficit d’offre du Moyen-Orient vont s’épuiser. Avec un risque de pénurie et la nécessité que le détroit ouvre rapidement.
ETF à la Une
Amundi lance son ETP Bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Apple garde l'innovation produit au centre de sa stratégie avec John Ternus
- Tim Cook annonce son départ d’Apple
- La faiblesse congénitale de la finance décentralisée
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
En cas de poursuite du blocus américain, l'Iran menace d'une riposte
Plus tôt, samedi 25 avril, le porte-parole du ministère iranien de la Défense a estimé que les Etats-Unis « cherchent un moyen de sauver la face pour sortir du bourbier de la guerre dans lequel il s’est enlisé ». Et ce alors qu’une possible reprise des pourparlers entre les deux parties se profile -
Carburant : Macron se veut rassurant sur l’absence de pénurie en France
« Je crois pouvoir vous dire à ce stade que la situation est contrôlée », a indiqué le président de la République, appelant à éviter la panique sur le sujet -
Mali : des combats entre l'armée et des « groupes terroristes » à Bamako et dans plusieurs villes
Samedi 25 avril, des combats ont lieu dans la capitale du pays, Bamako, ainsi que dans plusieurs villes (Kidal, Gao, Sévaré), entre des soldats et des « groupes terroristes non encore identifiés ». La situation serait « sous contrôle », selon les Forces armées maliennes