Les banques d’Europe ne couvrent pas leur coût du capital malgré la baisse des actifs
Après le RoE (rendement des capitaux propres), Bain propose un nouveau mètre étalon pour mesurer la performance des banques: le RoRWA. Ce sigle désigne le rendement (R) des actifs pondérés du risque (RWA, ou capital minimal nécessaire compte tenu du risque des actifs au bilan). «Le RoRWA apparaît clairement comme l’outil le plus pratique pour aider les dirigeants de banques à piloter la performance de leur entreprise et à prendre les meilleures décisions en fonction des risques», assure le cabinet de conseil dans une récente étude intitulée European banking: Striking the right balance between risk and return. Ces cinq dernières années, RoRWA et RoE ont toutefois évolué en parallèle, avec un pic en 2010 et une forte baisse en 2012, pire année depuis la crise de 2008.
L’an dernier, le RoRWA des douze principaux marchés européens a chuté à 0,1% en moyenne, selon Bain, contre 1,1% en 2010. Pour couvrir le coût du capital, le rendement des actifs pondérés des banques devrait atteindre 1,6 à 1,8%. Or, la réduction des bilans ne s’est pas accompagnée d’une optimisation des coûts, constate le cabinet de conseil. Le ratio moyen des dépenses opérationnelles sur RWA atteint 4,3% en 2012 (+0,7 point sur un an), son plus haut niveau depuis 5 ans.
A l’échelle individuelle, les dix premières capitalisations boursières européennes se distinguent avec un rendement des actifs pondérés de 0,9% en moyenne, grâce à un coût du risque plus faible et de meilleures marges. Dans cette catégorie, Nordea (à 1,9%), HSBC (1,8%) et BNP Paribas (1,6%) sont les premiers de la classe. Parmi les autres grands groupes, le britannique Standard Chartered sort du lot (à 2,3%), tandis que Swedbank (4%) domine les banques «locales». Loin derrière les scandinaves et les autrichiennes, les banques françaises occupent la septième place des douze marchés étudiés, avec un rendement de seulement 0,3%, contre 0,8% en 2008.
Pour autant, les RWA ne sont pas infaillibles. Ils sont même dans le viseur du Comité de Bâle, le recours à des modèles internes de calcul permettant aux banques de minimiser certains risques. De même, si Bain considère le RoRWA comme un «puissant instrument de communication externe», les établissements mettent désormais l’accent sur leur niveau de liquidité à travers le ratio de levier, largement commenté lors des résultats semestriels.
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