Les banques britanniques sous-évaluent leurs besoins en fonds propres de 25 milliards de livres

Ce chiffre, établi par la FSA, est dans la fourchette basse de l’estimation livrée en novembre par le Comité de politique financière
Antoine Duroyon

Dans son premier avis depuis son installation, le Financial Policy Committee (FPC) de la Banque d’Angleterre, nouveau régulateur en charge de la stabilité financière, demande aux établissements bancaires de renforcer leurs fonds propres à hauteur de 25 milliards de livres. Sur ce montant, 20 milliards seraient à mettre sur le compte des seules RBS et Lloyds, toutes deux détenues à hauteur de 82% et 39% par l’Etat britannique, selon le Financial Times.

D’après les calculs de la Financial Services Authority, les banques surestiment leur fonds propres à hauteur de 52 milliards de livres, soit moins que les 60 milliards évoqués dans le rapport de stabilité financière de la BoE publié en novembre. Plus précisément, les pertes sur créances pourrraient dépasser les provisions de 30 milliards de livres, tandis que la facture réglementaire et judiciaire serait sous-évaluée de 10 milliards de livres.

Mais la moitié de ce déficit est déjà intégrée dans les plans de solvabilité pour cette année, avec à la clé une réduction des bilans, une diminution des bonus et une gestion conservatrice des bénéfices. Depuis l’annonce par la banque centrale en novembre d’un examen de la solvabilité des établissements par la FSA, certaines banques ont anticipé. Lloyds a notamment cédé une participation dans la société de gestion St. James’s Place, enregistrant un gain de 400 millions de livres, tandis que RBS a annoncé la cession prochaine d’activités aux Etats-Unis.

De son côté, Barclays fait actuellement la tournée des investisseurs pour présenter sa prochaine émission d’obligations convertibles contingentes (CoCos). L'établissement a déjà placé 3 milliards de dollars de CoCos à 10 ans en novembre. Ces titres ne sont pas convertibles en actions; les investisseurs perdront totalement leur mise si le ratio de fonds propres core tier one tombe sous la barre de 7% des encours pondérés.

Pour le gouverneur de la BoE, Mervyn King, ce manque «n’est pas une menace immédiate pour le système bancaire et le problème est parfaitement gérable». Et de confirmer que ces recommandations ne nécessitaient pas d’injection de fonds publiques supplémentaires dans les banques. Les prêteurs devront atteindre un ratio de fonds propres common equity tier one (CET1, la future norme de solvabilité sous Bâle 3) de 7% des encours pondérés d’ici la fin de 2013.

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