Les banques britanniques paient la facture de l’assurance emprunteur
Nouveau coup dur pour les banques britanniques. Après Lloyds, c’est au tour de Barclays et d’HSBC de jeter l’éponge dans le conflit qui les oppose à la FSA sur le dossier de l’assurance emprunteur (PPI). Les banques acceptent de fait la décision rendue il y a trois semaines par la Haute Cour de Londres en faveur du régulateur britannique, qui condamnait leurs pratiques de vente.
Barclays a annoncé hier qu’elle comptait passer une provision d’un milliard de livres (1,14 milliard d’euros) au deuxième trimestre pour faire face aux réclamations de ses clients. Son directeur général, Bob Diamond, a estimé qu’il était «dans les intérêts de la banque» d’abandonner ce combat dont l’issue restait incertaine. «Nous n’avons pas toujours raison à l'égard de nos clients; quand nous avons tort, nous nous excusons et nous réparons», a-t-il assuré.
Dans le cadre de l’annonce de ses résultats, HSBC a annoncé pour sa part une provision de 270 millions de livres au premier trimestre. Même si elle reconnaît «un haut degré d’incertitude concernant l’estimation des coûts relatifs à cette affaire», la banque, qui a abandonné la vente de contrats d’assurance emprunteurs dès 2007, reste la moins exposée du secteur.
Lloyds, qui pèse environ 35% du marché des PPI, avait ouvert le bal et jeté un froid sur le secteur en provisionnant la semaine dernière 3,2 milliards de livres au premier trimestre, faisant basculer ses comptes en perte nette de 2,43 milliards. Cette annonce a amené les experts à réévaluer leurs estimations du coût total pour l’ensemble du secteur à près de 10 milliards.
Dans ce contexte, l’Association des banquiers britanniques (BBA) a annoncé hier qu’elle renonçait à faire appel de la décision rendue par la Haute Cour de justice. «Afin de donner des certitudes à leurs clients, les banques et l’Association des banquiers britanniques ont décidé de ne pas faire appel», a indiqué la BBA.
Un revers important pour RBS qui a, elle, pris la décision surprenante de ne pas suivre l’exemple de ses concurrents en refusant d’inscrire une quelconque provision dans ses comptes du premier trimestre. Le 6 mai, le groupe s’est dit «incapable d’estimer de manière fiable toute provision potentielle» et tablait sur un appel de la décision de justice par la BBA. Les analystes de Deutsche Bank estiment pourtant qu’elle pourrait être exposée à hauteur d’un milliard de livres dans l’affaire.
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