Les banques australiennes vont devoir renforcer leur capital
Une commission gouvernementale prône le renforcement du ratio CET1 au-delà de 12%, afin de placer les établissements nationaux dans le premier quartile mondial.
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Julien Beauvieux
La Commission sur le système financier (FSI) diligentée par le gouvernement australien a rendu sa copie. Destinée à passer en revue les défis auxquels est confronté le secteur bancaire et ses quatre poids lourds (Commonwealth Bank, Australia & New Zealand Banking Group, National Australia Bank et Westpac), la FSI a notamment invité le régulateur à augmenter les ratios de capital afin de les rendre «incontestablement élevés».
Le rapport, qui ne fournit aucune cible précise, donne néanmoins un ordre de grandeur des ajustements à venir, qui devraient être arrêtés au premier trimestre 2015, a indiqué Joe Hockey, le ministre des Finances. La FSI souligne ainsi que les grands établissements australiens affichent un ratio CET1 compris entre 10% et 11,6%, ce qui les place au milieu du deuxième quartile mondial. «En tant que pays importateur de capitaux exposé à la fluctuation des termes de l’échange et caractérisé par une forte concentration bancaire, l’Australie se doit d’être mieux positionnée que la plupart [des autres pays]», indique le rapport, visant implicitement un niveau minimum de 12,2%.
Les quatre grands établissements australiens, qui ont déjà levé 17,7 milliards de dollars australiens (12 milliards d’euros) en actions en 2008 et 2009, puis 34,6 milliards de capitaux CET1 depuis la fin 2010, pourraient avoir à lever entre 15 et 40 milliards supplémentaires, selon les estimations des analystes. Ces montants prennent en outre en compte un renforcement de la charge en capital des crédits hypothécaires, un secteur qui a récemment été source d’inquiétude. «Avec l’endettement élevé des ménages et les prix immobiliers relativement hauts, la Commission est particulièrement préoccupée par l’exposition des banques à l’immobilier», note le FSI.
Moody’s et Fitch ont indiqué que ces projets ne devraient pas avoir d’impact immédiat sur la notation des quatre grandes banques du pays, toutes notées respectivement Aa2 et AA-. Mieux capitalisées, ces dernières pourraient en revanche perdre à terme le soutien implicite de l’Etat australien, toujours noté AAA. Le rapport du FSI, dont l’un des objectifs est de «réduire la perception des garanties implicites», ne semble pour l’heure pas aller dans le sens d’un dispositif de «bail-in statuaire», a jugé S&P.
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