Les banques américaines doivent faire face à des vents contraires
La saison des publications des résultats des banques américaines est ouverte. Goldman Sachs, JPMorgan Chase, Wells Fargo et Citigroup commencent aujourd’hui et donneront le ton pour l’évolution du secteur pour les mois qui viennent.
Les banques américaines s’attendaient à des taux d’intérêts plus élevés cette année, mais la Réserve fédérale américaine, avec une première baisse des taux début août et une seconde au mois de septembre, aura eu raison de leurs attentes. Et de fait, mais Wells Fargo, JPMorgan ou encore Bank of America Merrill Lynch ont déjà alerté, il y a plusieurs semaines, que leurs marges d’intérêts allaient baisser et qu’elles devraient compter sans ce vecteur de croissance pour leurs résultats.
L’agence Bloomberg rapporte ainsi que les estimations de revenus pour les six plus grosses banques américaines ont chuté de 13 milliards de dollars depuis le début de l’année, en partie à cause de cette baisse des marges d’intérêts. Les banques vont donc être obligées de prouver qu’elles savent maîtriser leurs coûts, plus qu’elles ne l’avaient jamais fait auparavant. C’est aujourd’hui un des rares leviers dont elles disposent pour contenir une baisse de leurs résultats.
Outre les structures pâtissant de cette chute des marges d’intérêts, certaines banques d’investissement ont vu leurs estimations de bénéfices fortement réduites à la baisse. C’est le cas de Morgan Stanley ou Goldman Sachs, souligne le Financial Times, notamment à cause du difficile marché des introductions en bourse (IPO) ou du ralentissement du marché des fusions et acquisitions. A cela, s’ajoute, pour Goldman Sachs, la dégradation de sa participation dans WeWork, dont l’IPO a échoué le mois dernier, ou encore sur Tradeweb, dont l’action a perdu 16% en trois mois.
Un des soutiens des banques américaines pourra toutefois venir du crédit à la consommation. La confiance des consommateurs américains reste élevée, et les analystes ne la voient pas redescendre, avec un taux de chômage toujours au plus bas. Ce secteur continue donc de constituer un des points forts des revenus des banques. Par ailleurs, si les taux bas rognent les marges d’intérêts, ils soutiennent le marché des emprunts immobiliers.
Cependant, même si cela n’est pas attendu pour la fin de l’année, il n’est pas à exclure que la guerre économique sévissant entre les Etats-Unis et la Chine finisse, à terme, par avoir des conséquences l’économie et donc sur le moral des ménages américains.
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