Les banques allemandes vont mieux mais demeurent fragiles
Dans son rapport annuel sur la stabilité financière des banques allemandes, la Bundesbank souffle le chaud et le froid. «Grâce à la forte reprise de l’économie de notre pays la stabilité du système bancaire s’est améliorée mais la fragilité et les faiblesses structurelles du secteur demeurent», a résumé Andreas Dombret, membre du directoire de la Bundesbank lors de la présentation du rapport hier à Francfort.
Il a notamment souligné que l’exposition des banques allemandes à la dette irlandaise est moins élevée qu’indiqué à l’occasion des tests de résistance de juillet. Au lieu de 138 milliards l’exposition ne se monte qu’à 25 milliards d’euros. La Bundesbank explique cette différence par les actifs de 113 milliards d’euros gérés par des véhicules hors bilan que les banques allemandes ont transférés en Irlande pour y profiter du faible taux d’imposition. Mais il s’agirait d’actifs non liés à la dette souveraine de ce pays.
Parallèlement les banques allemandes profiteront cette année de la forte reprise de l’économie. Parce que le nombre de faillites d’entreprises sera plus basse que prévu les provisions pour risques des banques tomberont à 23 milliards d’euros contre 37 milliards d’euros en 2009. Elles ne devraient pas diminuer davantage en 2011, mais le vice-président de la Buba, Franz-Christoph Zeitler a remarqué lors de la même conférence, que «le financement des banques allemandes est revenu à un mode normal, ce qui souligne la confiance accrue envers le système bancaire de notre pays». Le risque d’un assèchement du crédit est donc éliminé, a-t-il estimé.
Cependant de nombreux risques perdurent. Alors que la crise de la dette publique en Europe «nous occupera encore pour un bout de temps», Andreas Dombret, a souligné que les banques allemandes sont encore loin d’avoir épuré leurs bilans des risques liés aux financements des actifs immobiliers. Ils sont estimés à environ 100 milliards d’euros pour l’ensemble du secteur bancaire d’outre-Rhin. Selon la Bundesbank la qualité des actifs sous-jacents n’a cessé de se détériorer ces deux dernières années. Mais la banque centrale considère que ces risques sont «maîtrisables».
Reste enfin la persistance de «faiblesses structurelles» parmi lesquelles figurent en premier lieu les banques publiques régionales (Landesbanken) qui continuent de souffrir de la crise financière et dont la consolidation s’avère plus difficile que prévu.
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