Les banques allemandes semblent les plus exposées au risque souverain grec
Depuis plusieurs semaines, les marchés tentent tant bien que mal d’évaluer l’exposition des banques européennes au risque souverain grec. Les prêteurs français ont été particulièrement sanctionnés en bourse, sur la base des statistiques de la Banque des règlements internationaux (BRI), qui les font apparaître comme le premier créancier externe en Europe à fin 2009 avec 75 milliards de dollars (57 milliards d’euros) d’exposition. Mais ces chiffres agrègent les concours aux secteurs public et privé, et donc tous les crédits accordés par Emporiki et Geniki, filiales du Crédit Agricole et de la Société Générale. Ils rendent compte de l’exposition totale à l’économie locale, mais pas du risque directement lié à la détention d’emprunts d’Etat grecs.
Sur ce point, la banque verte fait part d’une exposition limitée à 850 millions d’euros, dont 600 millions au titre d’Emporiki. La Société Générale attend ses résultats du 5 mai pour communiquer. Dans son rapport annuel, sa filiale Geniki avoue un portefeuille obligataire de 365 millions d’euros qu’on peut estimer en majorité constitué d’emprunts grecs: il était en effet noté BBB+ par S&P fin 2009 et A- fin 2008, soit les notes de la Grèce à la clôture du rapport annuel. Chez BNP Paribas, Baudouin Prot a évoqué «une exposition aux banques grecques tout à fait négligeable», sans parler de dette souveraine.
Problème, ces chiffres ne cadrent pas avec les estimations des analystes. Barclays Capital estime le stock de dette grecque détenue par les banques françaises à 18 milliards d’euros, et même à 20 milliards pour les assureurs de l’Hexagone. En février, Credit Suisse rappelait que 11 % des émissions d’Athènes entre 2005 et 2009 (soit 11 milliards d’euros selon nos calculs, avant amortissement) avaient été placées dans des mains françaises.
Mais les analyses et les diverses déclarations coïncident au moins sur un point: si les banques françaises sont les plus exposées à l’économie grecque, leurs concurrentes allemandes ont le plus à perdre sur les emprunts d’Etat. Elles en détiendraient 19 milliards d’euros, selon BarCap. Hypo Real Estate, Commerzbank et Postbank affichent respectivement 7,9 milliards, 3,1 milliards et 1,3 milliard de dette souveraine hellène au compteur, au dernier pointage de Bloomberg. Une raison de plus pour que Berlin évite de jouer les prolongations dans ce dossier.
Plus d'articles du même thème
-
Les assureurs français se font une place sous le soleil brésilien
Plus facile à aborder que la Chine mais tout aussi dynamique, le Brésil apparaît comme un vaste territoire de conquête encore en friche aux yeux des assureurs notamment étrangers. Pour les Français CNP Assurances et Axa, c’est même devenu un pays très stratégique. -
Au Brésil, la banque de détail a basculé vers le numérique avec NuBank
En une dizaine d’années, le marché s’est profondément transformé avec la numérisation des services bancaires et des paiements. Des néobanques ont saisi la balle au bond et c’est ainsi que Nubank s’est hissée parmi les acteurs de catégorie mondiale. -
Nike lance une nouvelle vague de suppressions de postes après des ventes décevantes
Le géant américain des vêtements de sport va lancer une nouvelle restructuration alors qu'il anticipe une baisse de ses ventes de plus de 7% lors de son exercice 2027.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- TotalEnergies va augmenter son dividende et réduire sa dette
- Le Crédit Agricole et UniCredit envisageraient de se partager l’italien Banco BPM
- Les successions font flamber les rémunérations aux Etats-Unis
Contenu de nos partenaires
-
Face à la colère des lycéens, le gouvernement recule sur les frais d’inscription en BTS et en classe préparatoire
Face au mouvement lycéen qui s’intensifie, l’exécutif est revenu sur l’instauration de frais d’inscription dans les CPGE et les BTS, qui sont aujourd’hui gratuits, a contrario des universités. La mesure aurait permis de rapporter plus de 30 millions d'euros à l'Etat. -
Au nom du beau geste
Déléguée générale du Comité Colbert, Bénédicte Epinay est l’ambassadrice de ce savoir-faire à la française qui, fait unique au monde, a su se transformer en une industrie globale. -
En réservePrésidentielle : la macronie de gauche, ou l'armée des ombres
Doutes et attente au sein des « macronistes » tendance sociaux-démocrates : ils ne sont pas candidats, veulent continuer la politique mais cherchent encore qui soutenir.