Les bancassureurs perdent du terrain dans la collecte d’assurance vie
«Le marché de l’épargne vie est clairement à un tournant en France aujourd’hui». Telles sont les conclusions du baromètre de l’épargne vie publié vendredi par le cabinet de conseil en stratégie et management Facts and Figures qui pointe du doigt la fin des taux garantis, la vente à contretemps des unités de compte et les nouvelles règles de Solvabilité 2. Le cabinet estime ainsi que la perte d’attractivité des fonds en euro devraient conduire à une stabilisation de la collecte en 2011 par rapport à celle de 2010, soit environ 125 milliards d’euros en épargne individuelle (contre 104 milliards en 2008). La modification de la fiscalité pourrait en outre affecter très fortement la collecte en gestion privée cette année.
Les bancassureurs ont déjà vu leur part de marché dans les segments de l’épargne patrimoniale et de gestion privée par réseau s’éroder de 55% en 2007 à moins de 50% fin 2009, alors que celles des courtiers et des CGPI progressaient de 28% à 33%. Et le poids des réseaux en gestion privée de connaître un sort similaire, passant de 59,1% à 55% de 2007 à fin 2009 pour les bancassureurs. Le cabinet explique cette érosion par le fait que «les captives de bancassurance vie des groupes bancaires ne cherchent pas à engranger toute la collecte en provenance des différentes structures de gestion privée de leur groupe d’appartenance», les conditions offertes par les assureurs tiers, tant en termes de rendements que de frais de gestion, étant plus attractives. A l’inverse, il pointe la percée des mutuelles sans intermédiaires.
De plus, les mesures fiscales en préparation, concernant notamment l’ISF, devraient conduire à des arbitrages de la part des français en termes d’allocation de leur épargne. La transparence de la rémunération, la suppression des rétrocessions sur les OPCVM, ainsi que l’évolution de la fiscalité pourraient ainsi amener les distributeurs (courtage vie, des CGPI et des partenariats de distribution) à réallouer une partie de la collecte de leurs clients vers d’autres support que l’assurance vie.
Dans ce contexte, le paysage des acteurs du secteur pourrait connaître des changements profonds. Fin 2009, les quatre plus gros acteurs pesaient près de 50% du marché de l’épargne vie individuelle. En effet, CNP arrive en tête avec 17,9% de parts de marché, puis le groupe Crédit Agricole avec 13,5%, BNP Paribas avec 9,3% et Generali avec 8,7%.
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