Les autorités américaines visent deux salariés de JPMorgan mais épargnent la direction
Si elle a éclaboussé sa réputation, l’affaire dite de la «baleine de Londres» épargne pénalement la direction de JPMorgan. La semaine dernière, les autorités américaines n’ont engagé de poursuites pénales que contre deux anciens traders de la banque: le français Julien Grout et l’espagnol Javier Martin-Artajo. Tous les deux travaillaient aux côtés de Bruno Iksil, dont les positions sur les marchés des dérivés de crédit ont coûté 6,2 milliards de dollars de pertes à JPMorgan en 2012. Ce dernier ne sera pas poursuivi, au terme d’un accord à l’amiable signé en juin avec les autorités et publié mercredi, selon lequel il a pleinement collaboré à l’enquête et révélé «des participations» à «la valorisation inexacte».
Les deux hommes sont poursuivis pour avoir falsifié les comptes internes de la première banque américaine afin de masquer leurs pertes dans des achats risqués de dérivés de crédits. Julien Grout, qui était placé sous la responsabilité de Bruno Iksil dans le bureau londonien du service d’investissements en propre (CIO) de JPMorgan, était en charge de la préparation des bilans internes quotidiens sur les positions de marchés de son service. Javier Martin-Artajo dirigeait la stratégie de courtage de leur équipe. Ils risquent 20 ans de prison. Au cours d’une conférence de presse, le juge Preet Bharara leur a demandé de faire face à leurs responsabilités et de se rendre à la justice. Les deux hommes ne vivent plus à Londres. Le premier habite désormais en France, le second est en vacances à l'étranger.
«De mars à mai 2012, Javier Martin-Artajo, en connaissance de cause, s’est entendu avec d’autres pour commettre des actions criminelles contre les Etats-Unis, pour falsifier des comptes et bilans», énonce la plainte du département américain de la Justice. Celle contre Julien Grout est rédigée de façon similaire. La Securities and Exchange Commission (SEC) a parallèlement déposé une plainte au civil contre les deux anciens employés «pour avoir comptabilisé incorrectement et frauduleusement des investissements dans un portefeuille de titres dérivés de crédits de plusieurs milliards de dollars afin de masquer des pertes qui auraient atteint des centaines de millions de dollars si ces titres avaient été comptabilisés à leur valeur de marché». Le juge Preet Bharara a indiqué que l’enquête se poursuit. D’autres inculpations pourraient suivre.
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