Les assureurs vie s’organisent face à un environnement de taux bas prolongé
Comment rester solide dans un environnement de taux bas prolongé ? C’est le défi qui mobilise aujourd’hui les assureurs vie français. Si le secteur conserve de la stabilité et de la flexibilité, aidé en partie par des taux garantis moyens plus faibles que dans d’autres pays européens (1% sur le stock et 0% sur les affaires nouvelles), « l’élément négatif est que cette flexibilité a un prix à travers la PPE (provision pour participation aux excédents, ndlr)», a relevé hier Lotfi Elbarhdadi, directeur senior chez Standard & Poor’s, lors d’une table ronde.
Ces deux dernières années, les assureurs ont réussi à maintenir leur taux de rendement financier entre 3% et 4%, soit nettement au-dessus du taux de l’emprunt d’Etat à 10 ans (voir graphique). Pour les deux à trois prochaines années, l’agence de notation s’attend à un déclin de ce taux de 20 à 50 points de base par an en moyenne, ce qui dégradera les perspectives de marge. «Des choix vont donc devoir être faits et cela dépendra de la gestion des fonds propres et des résultats», a souligné Lotfi Elbarhdadi.
Du côté de la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA), le directeur des affaires économiques, financières et sociales Bertrand Labilloy a fait remarquer que «le taux servi sur le contrat en euros net d’inflation n’a jamais été aussi élevé». Il a également souligné le travail de diversification entrepris par les assureurs. A l’actif, cela passe par des instruments moins liquides et moins arbitrés, tandis qu’au passif, les contrats euro-croissance et vie génération s’inscrivent dans cette démarche. A la faveur d'évolutions réglementaires, les assureurs pourraient également trouver refuge contre cet environnement de taux dans les segments de la prévoyance et de la santé.
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