Les assureurs veulent étaler dans le temps la réforme du Livret A
L’assurance vie accuse une décollecte de 3,6 milliards d’euros depuis le début de l’année, dont 1,5 milliard d’euros en mai. Après une phase de collecte (18,4 milliards d’euros) de janvier à juillet 2011, suivi d’une phase de repli sur les cinq derniers mois de l’année (-10,2 milliards d’euros), «la phase actuelle impose vigilance et prudence», a averti hier Bernard Spitz, président de la FFSA, la Fédération française des sociétés d’assurances.
Alors que des transferts vers le Livret A, dont le plafond doit être doublé, sont anticipés, «nous recommandons d’étaler dans le temps ce doublement, en attendant que les disponibilités du financement social soient consommées. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui», a poursuivi le président. Sur les cinq premiers mois de 2012, la collecte enregistrée sur les Livrets A et de développement durable a atteint 12 milliards. «Selon des études convergentes, ce doublement pourrait avoir un impact de 10 milliards d’euros sur l’assurance vie la première année et de 20 milliards d’euros au total», relève Jean-François Lequoy, délégué général. «La question du tempo est donc primordiale», estime Bernard Spitz, qui indique avoir alerté les pouvoirs publics sur ce sujet.
Par ailleurs, alors que le régime fiscal existant, au-delà de huit ans, devrait être préservé, «il serait utile de donner un encouragement supplémentaire pour les engagements supérieurs à douze, voire seize ans», a estimé Bernard Spitz, rappelant que l’épargne long terme constitue le «socle fondamental de l’économie».
En 2011, les assureurs ont ainsi réalisé 56% de leurs placements dans des entreprises, un pourcentage inchangé par rapport à 2010. Sur ce montant de 953 milliards d’euros, 425 milliards ont été investis dans des entreprises françaises. «Les assureurs ont augmenté en 2011 leurs concours financiers aux PME, avec 3 milliards d’euros de financements nouveaux», a souligné Bernard Spitz. Concernant la dette de l’Etat, les assureurs représentaient 42% des investisseurs domestiques.
Les cotisations ont reculé l’an passé de 12% à 142,1 milliards d’euros dans l’assurance de personnes, contre une hausse de 4% à 47,9 milliards en assurance de biens et responsabilité. Le résultat net comptable généré par le secteur a reculé de 7,2 à 5,9 milliards d’euros, tandis que la rentabilité est passée de 7,7% à 6%.
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