Les assureurs sont moins portés sur le risque
Les assureurs hésitent entre prudence et rendement. Selon la cinquième étude conduite par le département d’analyse de The Economist (EIU) pour le compte de BlackRock, 47% de la profession envisage d’augmenter le risque de ses portefeuilles d’investissement, contre 57% en 2014.
Ce reflux s’est principalement traduit par une hausse à 46% des sondés souhaitant laisser inchangé leur profil de risque, tandis que la part de ceux voulant le réduire augmente de 5% à 8%.
Cette tonalité plus attentiste s’explique par la multiplication des risques perçus par les assureurs. Outre les craintes liées à la faible croissance mondiale, partagées par 52% des sondés (+4 points de pourcentage), les risques géopolitiques (+1 point à 51%) et le risque réglementaire (+6 points à 46%), les inquiétudes sur l’évolution des devises se répandent. Ce risque est désormais identifié par 38% des sondés, contre 27% l’an dernier. Le risque environnemental bondit de 15% à 37%.
Ces incertitudes macroéconomiques conduisent les assureurs à anticiper des taux d’intérêts très bas persistants, ce qui constitue selon eux le principal risque de marché. «Ce constat a beaucoup à voir avec la fragilité des marchés financiers qui a conduit la Réserve fédérale à se montrer moins agressive que prévu sur la remontée de ses taux d’intérêts», explique l’étude, basée sur des entretiens avec 315 dirigeants réalisés en mai et juin. Les craintes sur la volatilité se renforcent de 53% à 57%.
Dans cet environnement, seuls 21% des assureurs pensent augmenter leur allocation obligataire «investment grade», contre 45% un an plus tôt. Ce reflux profite au high yield, qui passe de 26% à 41%, ainsi qu’aux actions, qui progressent de 13% à 21%. Paradoxalement, la part du monétaire grimpe aussi de 36% à 50%. «Beaucoup d’assureurs gardent du cash pour les appels de marges ou comme collatéral de leurs positions dérivées», utilisées par 94% des assureurs, explique EIU.
Des différences sont néanmoins constatées entre métiers du monde de l’assurance. «Les assureurs dommages sont plus enclins à augmenter leur risque, avec une part de 52%, tandis que les assureurs-vie sont 40% à vouloir prendre plus de risque», indique l’étude. Cette divergence s’explique par la nécessité d’honorer les garanties des produits d’épargne, tout en prenant en compte les charges en capital élevées sur les actions et les actifs alternatifs imposées aux assureurs-vie.
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