Les assureurs retrouvent de l’appétit pour les fusions et les acquisitions
Les assureurs reviennent en force sur le terrain des fusions et acquisitions (M&A). Selon une étude du cabinet Towers Watson, réalisée avec Mergermarket auprès de 255 dirigeants de groupe d’assurance en Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA), 77 % d’entre eux anticipent une accélération des M&A dans le secteur au cours des trois prochaines années. Mieux, 69 % des personnes interrogées déclarent que leur compagnie projette de réaliser une acquisition. Un vrai changement d’état d’esprit alors que seuls 39% des sondés disent avoir procédé à un achat lors des trois années écoulées.
«L’appétit des acteurs pour les acquisitions n’a pas varié, nuance Julien Brami, directeur du département assurance chez Towers Watson. Toutefois, les conditions de faisabilité des transactions, tant macroéconomiques que financières, sont maintenant bien plus favorables.» De fait, au premier semestre 2013, la valeur des transactions réalisées dans le secteur au niveau mondial a progressé de 44% sur un an. Dans la seule zone EMEA, cette valeur des opérations a connu une croissance de 15% en 2012 et elle a plus que doublé à fin juin 2013 par rapport à fin juin 2012. Depuis début 2013, la région EMEA représente ainsi 53% de la valeur des transactions réalisées au niveau mondial, selon Towers Watson.
Si la quête d’économies d’échelle et la volonté d’expansion géographique – en priorité dans les zones à fort potentiel d’Asie-Pacifique et d’Amérique Latine – restent les principales motivations pour la croissance externe, 55% des sondés estiment que Solvabilité 2 jouera un rôle moteur dans la consolidation du secteur dans les trois ans à venir. «Certaines compagnies qui pourraient ne pas avoir un niveau de solvabilité acceptable avec les nouvelles règles devront soit trouver du capital soit être acteur de la consolidation ou encore céder une partie de leur activité, indique Julien Brami. En outre, il y a un enjeu de taille critique car Solvabilité 2 nécessite d’avoir une gestion des risques et de la solvabilité plus complexe dont le coût pourrait défavoriser les acteurs plus petits.»
Reste un obstacle de taille à franchir: l’écart de prix entre les vendeurs et les acquéreurs potentiels. Ces derniers recherchent en moyenne 15,2% de retour sur capitaux, de 13,8% en Europe de l’Ouest jusqu’à 17,2% en Afrique ou Moyen-Orient. Un niveau jugé par Towers Watson très élevé voire inabordable sur les marchés actuellement.
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