Les assureurs réfléchissent à l’évolution de leurs produits d’assurance vie
La crise financière continue d’occuper l’esprit des assureurs. Si les récentes mesures prises par la BCE ont été saluées, plusieurs dirigeants du secteur n’ont pas manqué de souligner, hier, lors des «Journées du Courtage» à quel point l’environnement financier actuel pesait sur leurs activités. Le constat est criant pour l’assurance vie.
«Les problématiques financières touchent de plein fouet les bilans et les structures de nos produits», a reconnu Philippe Maso, directeur général d’Aviva France, acteur spécialisé en épargne - assurance vie. Au cours de l’année écoulée, le marché français de l’assurance vie a en effet connu la plus longue période de décollecte nette de son histoire, malgré une embellie en juillet (400 millions d’euros de collecte nette). En outre, les compagnies vivent avec des taux d’intérêt historiquement bas, réduisant le potentiel de rendement offert aux assurés. Dans ce contexte, certains estiment que le temps est venu de revoir les produits, en particulier le fonds euros.
«Le modèle est viable mais nous arrivons au plancher et nous n’avons pas de marge de manœuvre à la baisse», a indiqué Philippe Maso. «Le problème est d’offrir du rendement, a renchéri Jacques Richier PDG d’Allianz France. La question de la taille du bilan des compagnies va donc se poser pour continuer de proposer ces produits.»
Pour certains, les stratégies des uns et des autres devraient être revisitées. «Sur le marché de l’assurance vie, il n’y a que deux stratégies qui peuvent se mettre en place, estime ainsi Olivier Potelet, PDG de Legal & General. D’un côté des acteurs de niche très spécialisés et, de l’autre, des généralistes qui sont avalés par les offres à bas coût et la tarification. Ce sont des stratégies qui posent la question de la réduction des coûts et de l’évolution des réseaux de distribution.»
En attendant une remise à plat de leur modèle opérationnel, les assureurs misent sur l’innovation, notamment en perspective de Solvabilité 2. «Il faut repenser nos produits si le stress Solvabilité 2 est trop fort et c’est la problématique du moment en assurance vie», a admis Philippe Maso. Un constat partagé par Jacques Richier: «Solvabilité 2 va susciter de l’innovation, notamment sur la tarification de certaines risques que nous évaluons mal, a-t-il indiqué. Cela peut être un aiguillon de l’innovation des assureurs.»
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