Les assureurs français se préparent à une année 2011 difficile

Le montant des affaires nouvelles devrait reculer de 1 % à 5 % selon la FFSA. Les cotisations en assurance-vie baissent de 12 % à fin mai
Antoine Landrot
Photo: PHB/Agefi
Photo: PHB/Agefi  - 

Le moral n’est pas au beau fixe dans l’assurance. Le contexte agité qu’a connu le secteur en France en 2010 devrait se répéter cette année. Bernard Spitz, réélu mardi à la présidence de la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA), s’attend à un recul du montant des affaires directes compris entre 1% et 5% en 2011.

Les difficultés dans l’assurance de personnes sont responsables du recul anticipé du marché. Les prévisions font état d’une baisse située entre 2% et 6% en vie/capitalisation, alors que la partie santé/dépendance maintiendrait une croissance de 1% à 3%.

Ces perspectives parient pourtant sur un redressement du marché au deuxième semestre 2011 – le premier étant particulièrement mal engagé. Pour les cinq premiers de l’année, la FFSA fait état d’une baisse de 12% des cotisations d’assurance-vie, à 56,8 milliards d’euros. En outre, le montant des prestations a progressé de 15% à 42,7 milliards, provoquant mathématiquement un effondrement de 49% de la collecte nette (à 14,1 milliards). Les encours ont néanmoins progressé de 7% (à 1.374 milliards d’euros) à fin mai.

Une hausse sensible des prestations (+5,9% à 92,7 milliards) avait déjà été observée en 2010. «Le phénomène s’explique par des besoins d’argent pour faire face à des dépenses de consommation et par des arbitrages entre l’assurance-vie et d’autres placements, tendance favorisée notamment par les débats sur la fiscalité des contrats vie», explique Bernard Spitz. On peut y ajouter la tendance des banques à orienter l’épargne vers des produits bilantiels, en vue des exigences en fonds propres prévues par la réglementation de Bâle 3.

L’assurance de biens et de responsabilité n’est pas non plus dans de bonnes dispositions. Dans cette branche, le redressement de 50% (à 3,3 milliards d’euros) du résultat net cumulé des membres de la FFSA en 2010 est lié aux placements financiers. Le ratio combiné resté élevé (103,2%).

Point positif, les négociations avec le régulateur concernant Solvabilité 2 évoluent favorablement. «Nos demandes ont trouvé une réponse satisfaisante», a indiqué Bernard Spitz, notamment dans le calibrage des exigences de fonds propres, des obligations d’Etat et dans la prise en compte de la volatilité dans le ratio prudentiel. En revanche, le président de la FFSA n’a pas souhaité évoquer l’exposition du secteur à la dette grecque et à un roulement (rollover) de celle-ci.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...