Les assureurs français satisfont dans l’ensemble aux exigences de Solvabilité 2
Les résultats de la cinquième étude quantitative d’impact (QIS 5) des règles de Solvabilité 2 se sont révélés plutôt rassurants pour le monde de l’assurance française. L’Autorité de contrôle prudentiel (ACP), qui en dévoilait la teneur hier, a souligné la «très forte hausse de la participation» par rapport à QIS4. La France est ainsi le premier pays participant à l’étude avec 546 réponses: elles représentent 68% des organismes, soit 95% des provisions techniques et des primes en assurance non-vie. Surtout, les résultats «confirment la solidité du marché français», s’est réjouie Danièle Nouy, secrétaire générale de l’ACP.
Les deux niveaux d’exigence sont en effet largement couverts, qu’il s’agisse du capital de solvabilité requis (SCR) pour absorber un choc économique majeur, ou du minimum de capital requis (MCR), en dessous duquel l’autorité de tutelle devra intervenir immédiatement. Ils ont été fixés à respectivement 101 et 39 milliards d’euros au titre de la formule standard.
Les sociétés cumulent un excès de couverture du SCR de 82 milliards d’euros, soit 23% de moins que sous Solvabilité 1. Les éléments éligibles pour le calcul du MCR s’élèvent eux à 174 milliards d’euros, dépassant donc le minimum requis de 135 milliards.
Cela dit, deux éléments préservent d’un excès d’optimisme. «Il faut faire preuve de prudence, car l’exercice était nouveau pour beaucoup d’organismes. Pour les plus petits, la qualité des données de départ n’était pas celle que l’on aurait pu souhaiter», prévient Danièle Nouy. En outre, le QIS 5 et ses réponses ont été établies à partir des chiffres de l’année 2009, où la conjoncture des marchés était plutôt favorable – laissant planer une inconnue sur la volatilité du SCR.
Par ailleurs, le QIS 5 a été l’occasion de soulever certaines questions. La formule du SCR est jugée trop complexe ou inadaptée, par exemple pour le calcul du risque catastrophe et de la réassurance non proportionnelle. Enfin, l’élaboration du bilan prudentiel (au 1er janvier 2013) promet d’être difficile pour les assureurs n’utilisant par les normes IFRS, les règles françaises de valorisation étant «très éloignées» de Solvabilité 2. «Certains organismes ont eu recours à une simplification un peu sommaire. Il sera nécessaire de soumettre ce bilan à un audit externe au moment où la réglementation sera appliquée», estime Danièle Nouy.
Plus d'articles du même thème
-
« La hausse des bénéfices du S&P 500 devrait surtout compenser des valorisations exigeantes »
François Dossou, directeur de la Gestion Actions Listed Assets chez Sienna. -
Le secteur aérien européen sera contraint de relever à nouveau ses tarifs
La hausse attendue des factures de carburant en 2027 ne pourra être intégralement compensée par de nouvelles économies de coûts. -
«Désescalade géopolitique et rééquilibrage des trajectoires monétaires vont devenir moins défavorables à l’euro»
Corentin Ponton, responsable de prévision à la Direction des études économiques de La Banque Postale.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Think againLa Route du Rhum et les manifestations : la France aux deux horizons
La grande course au large remportée dans la nuit de samedi à dimanche par Tom Laperche célèbre la compétition, le progrès technologique et un domaine d'excellence française. Notre chroniqueur Eric Le Boucher la met en parallèle avec les manifestations de ces dernières semaines -
Bombe socialeEncadrement des loyers : « Investir dans un appartement à Paris est devenu moins rentable que de mettre son argent sur un livret A »
Le logement peine pour l'instant à trouver sa place dans le débat présidentiel. Il représente pourtant plus du tiers des dépenses contraintes. Pour Bertrand Moine, du think tank Génération libre, il est nécessaire de détricoter un certain nombre de normes qui étouffent le secteur immobilier si la France veut créer un choc d'offre et, partant, agir vraiment sur les loyers -
L'heure du choixPrésidentielle : la tentation Christine Lagarde
La présidente de la BCE affirme ne pas vouloir être candidate. Dans les milieux politiques et économiques, certains l'y encouragent pourtant. Elle dispose de quelques semaines pour trancher définitivement